Jeudi, 1ère semaine de l'Avent : le roc de la vie spirituelle

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

Bâtir sa demeure sur le roc – Mt 7, 24-27

 

« Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique ressemblera à un homme prudent, lequel a bâti sa maison sur le roc. Et la pluie s’est abattue et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et se sont jetés sur cette maison, et elle n’est pas tombée car elle était fondée sur le roc. Et quiconque entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique ressemblera à un fou, lequel a bâti sa maison sur le sable. Et la pluie s’est abattue, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et se sont précipités sur cette maison, et elle est tombée ; et sa chute a été grande ! »

 

Le roc de la vie spirituelle

 

Bâtir sa demeure intérieure sur du solide suppose de construire son existence tout d’abord sur un bon naturel, des valeurs et convictions en béton armé, qui résistent à toutes les tempêtes et les dépressions. Egalement, c’est vivre sa foi qui risque de stagner dans les marécages des habitudes quand les rites de la religion l’emportent sur les appels de l’Evangile. L’Avent, c’est précisément le temps de raviver sa foi par la vie spirituelle. Quelle image en donner ? Un feu dévorant qui embrase la foi. C’est l’esprit de la Pentecôte dont Blaise Pascal nous dit : Jésus veut chauffer en nous et non pas instruire (Pensées, § 283, 299). La vie spirituelle, c’est donc elle qui donne à la foi sa ferveur. En effet, l’enseignement de la doctrine ne suffit pas à enflammer le cœur car la foi n’est pas une mathématique de la Révélation : Dieu en trois personnes, Jésus en deux natures, sept sacrements. Qu’est-ce que cela peut nous faire si la vie spirituelle n’est pas un brasier d’amour qui nous enflamme pour ce que Dieu est : l’Amour.

Une autre image : le spirituel joue le rôle du sang dans le corps. Le rouge, couleur du sang, couleur de l’Esprit, la vie spirituelle c’est la foi qui voit rouge quand l’Evangile est bafoué, l’homme maltraité. Elle consiste donc à intégrer l’Evangile en soi de sorte qu’il devienne instinctuel. L’Évangile, c’est le roc de la vie spirituelle. Elle repose sur le socle du baptême dont on oublie trop souvent ce point essentiel : il nous identifie à la Mort et à la Résurrection du Christ. Fon­damentalement, la vie spirituelle consiste à faire nôtre le Mystère du Christ. Nous proclamons à chaque Eucharistie : « Nous annonçons ta Mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection... » A nous d’intégrer la Passion du Christ dans une mort à nous-même qui puisse nous libérer des chaînes qui nous rendent captifs. Mourir à soi-même, c’est tenter de sortir de la chrysalide de nos habitudes paralysantes, se débarrasser de nos attachements dérisoires aux babioles auxquelles nous tenons tant pour vivre au grand air de Dieu. Respirez Dieu, de grâce ! Alors, vous pourrez tenir dans la foi. Tenir à la vie. Tenir à Dieu. Il tient à nous. Tenons à Lui.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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