Mercredi, 1ère semaine de l'Avent : la cour des miracles

Publié le par Diocèse de Gap et d'Embrun

La cour des miracles – Mt 15, 29-31

 

Jésus vint au bord de la mer de Galilée et, monté dans la montagne, il s’asseyait là. Et s’avancèrent vers lui des foules nombreuses, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et beaucoup d’autres. Et on les jeta à ses pieds, et il les guérit, de sorte que la foule était saisie d’admiration en voyant des muets parler, des estropiés rétablis, et des boiteux marcher, et des aveugles regarder. Et elle glorifia le Dieu d’Israël.

 

La clarté pascale de Noël

 

Le cœur de Jésus saigne devant la détresse de tous ces handicapés. Il déborde d’une compassion qui se veut efficace. C’est l’humanité chaleureuse de Jésus qui le pousse à donner des signes avant-coureurs de sa divinité. Il guérit donc ceux qui sont éprouvés en leur chair. Remarquez-le, Jésus, bien que Dieu, n’a pas pu guérir tous les malades de son époque. Lui-même était dépassé, et ce qu’il a fait hier en Palestine, c’est très peu au regard de millions de malades à travers le monde aujourd’hui. Jésus n’est pas un guérisseur. Il existe une maladie à nulle autre pareille et même un handicap pour lequel Jésus n’a rien pu faire : le grand âge.

L’épreuve du vieillissement ne se borne pas aux sévices que l’usure du corps inflige. Elle afflige l’âme. Parfois même, ébranle la foi. Comment affronter le naufrage des années ? Saint Paul a beau dire : « Quand l’homme extérieur part en ruines, l’homme intérieur, lui, résiste », que faire pour tenir jusqu’à l’extrême de l’espérance ? S’accrocher à cette conviction : quand la mort nous rattrape, croire que la Résurrection nous précède. Espérer en elle revient alors à faire confiance dans les épreuves. Elle est elle-même une épreuve pour la foi. C’est pourquoi les guérisons que Jésus opère sont toujours un appel à s’ouvrir à la foi. Il annonce un salut qui éradique le mal au-delà de ce que nous en savons. Ainsi, la compassion que Jésus manifeste face à nos détresses rend son humanité plausible et, en même temps, ses miracles rendent sa divinité crédible. Ils attestent que Jésus est autant humain que divin.

En définitive, les miracles révèlent la vie en plénitude que Dieu nous donne. C’est à Pâques que cette signification éclate. La Résurrection dévoile le sens de l’humanité de Jésus : donner la vie pour l’éternité. Sans la Résurrection, Noël n’aurait pas de sens. Que signifierait la grâce de renaître si le Christ lui-même n’était pas « rené », ressuscité ? C’est la lumière de Pâques qui donne à la Nativité sa clarté.

 

Père Pierre Talec, 64 regards sur Jésus, Editions Salvator, 2005, 17 €, ISBN 2-7067-0415-2

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