Mgr di Falco préside les fêtes de ND de Bonsecours

Publié le par AS

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s'est rendu au sanctuaire Notre-Dame de Bonsecours, le 18 mai dernier, pour présider, à la demande du recteur, la fête patronale de ce lieu. Nous vous proposons ici son homélie ainsi que quelques photos (crédit : diocèse de Rouen).

"Me permettez-vous de vous poser une question ? Votre réponse restera un secret que vous partagerez avec Dieu.

Pourquoi êtes-vous venus dans cette église ?

Si mon interrogation vous surprend, avouez qu’il est parfois bon de se poser des questions en apparence toutes simples.

Peut-être êtes-vous venus parce que vous participez régulièrement à la messe dans cette église ?
Parce que vous avez mis au programme de votre circuit touristique une visite à Rouen.
Peut-être êtes-vous là parce que vous souhaitiez ce matin honorer Marie, pour la remercier pour une grâce reçue ?
Vous êtes ici, le cœur lourd de tristesse pour confier à Marie l’objet de votre peine et de votre souffrance.
Peut-être même êtes-vous venu ce matin pour dire à Marie votre colère, déposer à ses pieds tous vos « pourquoi ». Fatigué de lutter vous voulez vous décharger d’un fardeau trop lourd à porter, comme le fit Charles Péguy lorsqu’il confia avec une certaine véhémence ses enfants à la Vierge Marie : « Prenez-les, je n’en veux plus, je vous les donne, ils sont à vous. Vous n’avez qu’à vous en charger. »
Et si vous étiez venu pour demander la force d’un pardon à donner ou à recevoir ?
A moins que vous ne sachiez pas pourquoi vous êtes venus. Vous passiez, par hasard. Dans ce cas n’oubliez  pas que « hasard » c’est parfois le nom que Dieu se donne pour rester incognito.


Quels que soient les sentiments qui habitent votre cœur et les raisons qui vous ont conduit jusqu’ici, nous voici les uns et les autres rassemblés dans cette Eglise au pied de Marie et de Jésus son fils. Ainsi, nous entrons dans le cortège immense de ceux et celles qui au fil des ans nous ont précédés ici même.

Regardez ces murs, ils transpirent de siècles de prières, et ces vitraux rayonnent des grâces accordées.

Marie, que de fois ce prénom a-t-il été prononcé depuis le premier jour ? Marie, jamais une « star » de ce monde n’a atteint la célébrité de cette humble jeune fille de Nazareth. Pas un village d’Europe, peu de villes du monde qui ne possèdent une chapelle, une statue dédiée à Marie. « Je vous salue,  Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ! » Ce que nous apprend cet Ave Maria, c’est que la gloire de Marie vient tout entière de Dieu : toute sa grandeur vient de la « grâce divine », toute sa beauté vient de ce que le Seigneur est « avec elle ».

Vous êtes-vous demandé parfois pourquoi l’Eglise nous fait lire aujourd’hui le récit de la visite de Marie à Elisabeth ?

L’imagination crée en nous des images fausses. En prononçant le mot « assomption » ou « ascension » nous avons tendance à imaginer une évasion réussie ! Comme si Jésus était parti, comme si Marie était partie… au ciel. Or, la vérité théologique est plus simple et plus belle, exprimée de manière authentique dans la préface de l’Ascension : « Jésus, élevé au plus haut des cieux, ne s’évade pas de notre condition humaine, mais, en entrant dans le royaume, il donne aux membres de son Corps l’espérance de le rejoindre un jour. »

Sortie de messe


Marie vit le même mystère surnaturel. Le texte du pape Pie XII dit que Marie a été « prise » « assumpta » dans la gloire. C’est le mot biblique employé pour parler de la survie en Dieu après la mort : « Tu me prendras dans la gloire ! », dit le psaume 73.

Il ne faut donc pas s’étonner que l’Eglise propose à notre méditation en ce jour l’Evangile de la Visitation. Son assomption est une visitation : quand Marie vivait sur notre terre, elle ne pouvait visiter qu’en se déplaçant comme nous. Maintenant qu’elle « a été prise dans la gloire », elle nous visite de l’intérieur. L’assomption, c’est une visite de Marie à l’intérieur de nous-mêmes. Le ciel n’est pas en haut, mais au milieu de nous, caché dans la profondeur.

C’est cela que nous sommes invités à découvrir et à vivre.

La véritable dévotion à Marie consiste à apprendre d’elle comment on devient, comment on est, croyant. A travers elle c’est Dieu et plus précisément encore Jésus-Christ son fils que vous cherchons. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort dit lui-même : « Si nous appelons Marie, l’écho nous répond : Jésus. »

Marie s’est mise à la rude école de son fils et bien des pages de l’Evangile nous montrent les ruptures auxquelles elle a dû consentir pour le suivre dans la foi. L’itinéraire spirituel de Marie peut-être le nôtre. A la suivre, on se rapproche du Christ. A épouser sa vision de foi, on apprend à regarder Jésus comme elle-même l’a contemplé et progressivement découvert. Comme elle, on peut progresser à travers les joies et les peines, les découvertes et les étonnements.

Le Père Philippe Poirson, recteur du sanctuaire ND de Bonsecours, et Mgr di Falco


Comme Marie, nous voici invités à mettre Jésus au monde. C’est notre foi qui permet à Dieu de se manifester au monde.

En réponse au Magnificat que chante Marie, pourquoi ne reprendrions-nous pas l’une des invocations les plus anciennes et les plus populaires de la liturgie byzantine :

« Joie à toi, Mère et vierge !
Joie à toi par qui s’allumera la joie !
Joie à toi, car tu portes celui qui porte l’univers !
Joie à toi, étoile qui annonce le soleil !
Joie à toi, foi de ceux qui prient en silence.
Joie à toi, prélude des merveilles du Christ !
Joie à toi Mère de l’agneau et du berger !
Joie à toi, mère de l’étoile sans couchant !
Joie à toi, abri pour le monde, plus large que le firmament !
Joie à toi, demeure du Dieu infini !
Joie à toi, qui unis ce qui s’oppose !
Joie à toi, qui joignis la virginité à la maternité !
Joie à toi qui fais resplendir l’image de la résurrection !
Joie à toi, car tu fais se lever une immense clarté !
Joie à toi, arche revêtue d’or par l’Esprit. »

Tout à l’heure, lorsque nous quitterons cette église, quelles que soient les raisons qui nous y ont amenés, n’oublions pas que le Magnificat de Marie est aussi le nôtre."

                           + Jean-Michel di FALCO LEANDRI
                              Evêque de Gap et d'Embrun

La basilique Notre-Dame de Bonsecours, seul sanctuaire marial du diocèse de Rouen

L’origine de la basilique est liée au pèlerinage marial qui, depuis plus d’un millénaire, rassemble des pèlerins de plus en plus nombreux au mont Thuringe. On retrouve le résumé de son historique sur une plaque de marbre accrochée au mur de son porche : dès 1034, une chapelle existait sous le nom de Notre-Dame de Bonsecours et appartenait aux seigneurs de Pavilly, propriétaires du Mesnil-Esnard, qui la cédèrent aux religieux de Saint-Lô (bulle du Pape Urbain III de 1186). En 1332, cette chapelle est remplacée par une église paroissiale détruite en 1473 par les troupes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Elle sera ensuite reconstruite et restaurée pendant plusieurs siècles jusqu’en 1840, date de construction de la basilique actuelle par l’abbé Godefroy. A noter que, ruinée par la Révolution de 1789, elle conserve cependant la pièce la plus importante et la plus vénérée : la statue de Notre-Dame de Bonsecours, en bois polychrome du 16° siècle. Le cardinal Henri-Marie-Gaston de Bonnechose exprime au pape Pie IX le désir de voir le sanctuaire de Notre-Dame de Bonsecours honoré du privilège du couronnement. Le pape l’accorda le 15 juillet 1870 et le  cardinal archevêque de Rouen couronna la Vierge le 24 mai 1880. Le 18 mai 1980, ont lieu les célébrations du centenaire du couronnement de Notre-Dame de Bonsecours.


Les pèlerinages à la basilique trouvent leur origine à travers ceux qui étaient réalisés sur la Côte Sainte-Catherine, dédiés certainement à Saint Michel. Ces processions avaient lieu aux Rogations (autour de l’Ascension), à la Saint-Marc et à la Saint-Romain ; il existait la confrérie des pèlerins du Mont-Saint-Michel qui montaient une bougie allumée, les chapelains recouverts d’une chape et les enfants vêtus de blanc. Certains de ces pèlerinages attiraient une foule très importante, notamment le Vendredi Saint où tout le clergé de la ville de Rouen se rendait avec croix, bannières et chasses.

Parmi les pèlerinages les plus célèbres on peut en retenir deux :

-celui du 11 juin 1849 où 20 000 fidèles participent pour implorer le Ciel lors de la terrible épidémie de choléra.
-celui du 8 septembre 1914 où Mgr Edmond-Frédéric Fuzet fait le vœu que si la ville est préservée de l’invasion allemande, toutes les paroisses de Rouen se rendront en pèlerinage à Bonsecours pendant 20 années consécutives, ce qui eut effectivement lieu jusqu’en 1934.

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