Pourquoi reconnaître des apparitions ?

Publié le par AS

Il existe une manière de parler de Dieu qui consiste non pas à dire ce qu’il est mais ce qu’il n’est pas. Cette méthode procède par négation, par élimination : « Dieu n’est pas ceci, Dieu n’est pas cela. » Il s’agit moins de peler un oignon que de sculpter une statue. Si on nie, c’est finalement pour affirmer. A la fin, ce n’est pas le vide qui reste, comme ce le serait d’un oignon, c’est une pure merveille qui nous éblouit, comme d’une statue enfin dévoilée.

Pour parler de la reconnaissance officielle des apparitions, on peut procéder de la même manière. Dieu a tout dit en son Fils Jésus, une apparition ne peut donc compléter, dépasser, contredire, rectifier, modifier le dépôt de la foi de l’Eglise.
Une apparition passe par le filtre des sens et du psychisme du voyant, dépend des possibilités et des limites de cette personne, elle n’est donc en aucun cas une fenêtre sur l’au-delà ni même une photographie à l’identique de l’au-delà.
En raison de cela, on n’est pas obligé d’y croire, même lorsqu’il s’agit d’apparitions officiellement reconnues.

Si tout est déjà dit en Jésus, pourquoi ces apparitions et ces messages par la suite ? Si les apparitions passent par le filtre de celui qui les perçoit, quelle valeur d’authenticité peuvent-elles avoir ? Si un catholique est libre d’en penser ce qu’il veut, à quoi cela peut-il bien servir de les reconnaître ?

Des apparitions ont eu lieu parce que le Christ, Marie et les saints sont vivants, parce que la communion des saints n’est pas un vain mot, parce que le Ciel s’intéresse à la Terre. Les apparitions ne sont pas des photographies du Ciel parce que nous cheminons dans la foi et non dans la claire vision de Dieu. Elles ne font pas partie des données de la foi, mais on peut juger celles qui sont suffisamment crédibles lorsque les témoignages présentent toutes les garanties humaines possibles. Si on les reconnaît alors même qu’elles n’obligent en rien, c’est parce qu’elles peuvent être une aide pour la foi, une aide offerte ; un appel à se rapprocher du Christ, à redécouvrir l’Evangile et les sacrements ; une invitation à se convertir, à se réconcilier avec soi-même, avec les autres et avec Dieu.

Le sanctuaire de Notre-Dame du Laus n’est pas d’abord une fenêtre ouverte sur le Ciel mais un chemin ouvert sur un quotidien à vivre comme Benoîte.

C’est là le sens des apparitions. C’est là la raison de leur reconnaissance officielle.

                                       + Jean-Michel di Falco Léandri
                                          Evêque de Gap et d’Embrun

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article