Retraite avec Benoîte, 14ème jour

Publié le par AS

Des faveurs particulières

Qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement (
1718-2000)

Paroles de l’Ange à Benoîte qui annoncent l’avenir :
"Vos ossements feront des miracles, des malades viendront de loin pour guérir et guériront, car j’ai choisi ce lieu pour la conversion des pécheurs" (C.A.G., pp. 148-149).

La constatation faite par l’abbé Joseph-Denis Galvin qui recopie les manuscrits : "
La très miséricordieuse Mère de Dieu renouvelle et réalise chaque jour à travers les siècles la consolante promesse qu’elle a faite en faveur de son béni Sanctuaire d’y résider comme visiblement. Ces faveurs particulières qu’on reçoit au Laus ne sont point rares mais habituelles et toujours sensibles, plus ou moins, comme dans les premiers jours de la dévotion" (C.A.R., p. 669).

Deux ans après la mort de Benoîte, a lieu un miracle retentissant. C’est la guérison de la sœur  Lucrèce Souchon atteinte de paralysie et qui avait perdu la parole. Ursuline du couvent d’Aix, elle était venue dans le château de Jarjayes, chez ses parents. Elle est guérie subitement à la suite d’un pèlerinage de sa sœur et de son frère qui sont venus prier sur le tombeau de Benoîte pour obtenir le miracle.

Le sanctuaire résiste à la tourmente révolutionnaire. Passé l’orage, la générosité des foules permet son embellissement et son extension avec l’arrivée en 1818 des pères Oblats de Marie Immaculée. Avec eux le Laus connaît une nouvelle impulsion missionnaire.

En 1842 les Oblats sont remplacés par les missionnaires de Notre-Dame du Laus, prêtres du diocèse de Gap. Mgr Depery, nouvel évêque de Gap, demande alors à l’un de ses prêtres, Joseph-Denis Galvin, de recopier intégralement les manuscrits du Laus, écrits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Cinq ans plus tard, il obtient de Pie IX le couronnement de la statue de Notre-Dame du Laus. La cérémonie se tiendra le 23 mai 1855, en présence d’une foule considérable. Les principaux lieux sanctifiés par les apparitions sont remis en valeur.

Le 16 octobre 1872, Pie IX déclare Benoîte Vénérable Servante de Dieu. Le procès de béatification est officiellement introduit à Rome. Stoppé en 1913, il est repris en 1981. Il est désormais en bonne voie d’aboutissement.

La seconde moitié du XIXe siècle et la première partie du XXe siècle furent des temps d’activité intense pour le pèlerinage du Laus. Les missionnaires font connaître le Laus dans les grands congrès eucharistiques en France et en Belgique.

En 1848, Mgr Guigues, originaire de Gap, est nommé premier évêque d’Ottawa. Il fait venir  de Chorges le jeune Eugène Trinquier. Il fonde la paroisse de Notre-Dame du Laus qui est actuellement une commune de 1500 habitants, dans le diocèse de Montlaurier. 25 prêtres du diocèse de Gap se rendent alors au Canada.

En 1921, à Philipsbourg, au Québec, Mademoiselle Riendeau fonde la chapelle de Notre-Dame du Laus, sur les bords du lac Champlain. C’est le centre actuel d’un pèlerinage florissant. D’autres églises sont consacrées à Notre-Dame du Laus au Québec et même dans le Manitoba.

Pendant ce temps, c’est la fondation au Laus des Davidées, institutrices de l’enseignement public (1916). Elles organisent des sessions avec des grands penseurs et écrivains de l’époque.

En mai 1921, Maurice Barrès se rend à Notre-Dame du Laus. Dans Mes cahiers, il note sans  préciser davantage : "Je suis allé au Laus. Un immense dossier …" En effet, il a pu consulter des extraits des Manuscrits du Laus parus dans un livre édité à cette époque. Il est impressionné.

Ce qui intéresse en vérité l’auteur de La Colline inspirée, c’est Benoîte elle-même. Le personnage l’intrigue. Il voudrait se faire une idée précise de « sa manière d’être ». La bergère du Laus appartient à ce petit nombre "d’êtres d’exception dont il aimerait lire de bonnes biographies. N
ous avons trois grandes ménageries Balzac, la ménagerie Sainte-Beuve. Qui donc nous montrera les bêtes les plus rares, encore mystérieuses ?"

Les différents livres qui, ces dernières années, ont été consacrés à Benoîte auraient-ils comblé l’attente de Maurice Barrès (il est mort en 1923) ?

Nul ne peut le dire. Une chose reste sûre cependant : pour lui, le Laus faisait partie de "ces lieux inspirés, qui tirent l’âme de sa léthargie et où souffle l’Esprit" (F.B., pp. 43-46).

C’est en septembre 1926 que Jean Guitton se rend au Laus pour la première fois. Il y revient à plusieurs reprises. Le 28 août 1986, il écrit : "J’écris ces lignes devant un paysage des Alpes de Provence, en cette fête de saint Augustin (28 août 1986), tout près du sanctuaire qui commémore les visions d’une paysanne mystique du XVIIe siècle. Un érudit de mes amis, M. Pedrone, a écrit l’autre jour, dans l’Osservatore Romano, un bel article sur cette voyante, disant qu’elle a couvert par sa pénitence le règne entier de Louis XIV …"

Benoïte Rencurel, qui n’était pas inconnue de son temps, a peut-être été un des ressorts les plus cachés et les plus puissants de l’histoire d’Europe. Il faut attendre le grand jour de la révélation ultime des causes pour le savoir. En tout les cas, le sanctuaire qui s’est fondé en ce repli des Alpes ne porte pas en vain l’inscription : à Notre-Dame de Bon Rencontre …

"Je me souviens d’être venu en ce lieu, il y a quarante ans, pour rencontrer quelques amis de l’enseignement primaire. Cette rencontre fut aussi une origine dans ma vie… Je trouvais au Laus le même genre de beauté austère et ravagée que dans l’Espagne de sainte Thérèse. Mais le bleu du ciel au Laus est incomparable. Il a force et tendresse, lumière et douceur …" (J.G., p. 10).

Le Laus et le diocèse de Gap ont tenu une place importante dans la vie de Jean Guitton. Voici un extrait de la lettre qu’il écrivait à Mgr Georges Lagrange à l’occasion de son ordination épiscopale, le 18 septembre 1988 à Notre-Dame du Laus : "
…J’ai longuement réfléchi sur les circonstances, les personnes, les épreuves et les joies de mon existence, sur le travail de la Providence. Et le présent s’est éclairé par le passé, le passé par le présent, pour s’unir en une sorte de point éternel indivisible."

 

"C’est dans cette perspective que le Laus a pris une place focale..."

Ces deux témoignages nous montrent l’impact de Benoîte et le rayonnement du Laus sur les grands esprits du XXe siècle. Ils sont révélateurs, non seulement de la survie de l’œuvre de Benoîte, mais de sa présence mystérieuse et de son actualité.

Pour en savoir plus
Pourquoi cette retraite ?
Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
L'histoire des apparitions

 

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