Retraite avec Benoîte, 13ème jour

Publié le par AS

Renouveau du pèlerinage

Elle ne se donne plus aucun repos (
1712-1718)

"… Cependant les forces abandonnaient Benoïte,  et son corps succombait à tant de fatigues. L’heure de la récompense approchait et l’angélique bergère, consommée dans les vertus, était pour ainsi dire devenue un fruit mûr pour l’éternité bienheureuse. Mais Dieu, qui voulait la purifier et la sanctifier de plus en plus, permit qu’elle souffrit, la dernière année de sa vie, encore plus que d’habitude … Les démons redoublèrent leur rage, et elle, ses mortifications et ses rigueurs"
 (lettre de J.-B. Royère à François Malaval, janvier 1719).

Elle ne se donne plus aucun repos pendant les six années qu’il lui reste encore à vivre. Avec l’arrivée et l’installation des pères de Notre-Dame de Sainte-Garde, c’est la fin de la persécution et le renouveau du pèlerinage, qui va prendre ses deux dimensions définitives : accueil des pèlerins et missions à l’extérieur.

Benoîte a 65 ans. Elle est sérieusement ébranlée par l’épreuve qu’elle vient de subir. L
a bergère du Laus, qui a atteint un grand degré de maturité, consacre ses dernières forces à accomplir jusqu’au bout sa mission de prière, de pénitence et d’accueil des pèlerins.

Un brouillon (C.A.R, pp. 574-575) écrit vers 1721 nous renseigne sur ces dernières années. Il fournit quelques récits de guérisons intervenues entre 1713 et 1716, dont la plus retentissante est celle de Catherine Hermitte, habitant Seyne-les-Alpes. Le récit de la délivrance de cette fille surnommée « Sufrone », qui était agitée depuis plusieurs années "d’un esprit de blasphème et d’impureté" est significatif de la maternité humaine et spirituelle, ainsi que de l’autorité, de la notoriété et de l’assurance de la bergère du Laus.

L’état de cette personne victime "d’un sort qu’un soldat, passionné d’elle, lui jeta pour se venger de sa résistance" était telle que les habitants de Seyne résolurent de l’envoyer au Laus en octobre 1716, "pieds et mains liés sur une monture, escortée par deux hommes et quelques femmes, espérant qu’elle serait délivrée."

Arrivée au Laus, il ne fut pas possible de la faire entrer dans l’église jusqu’à ce que, la bergère la prenant par la main,  elle la suivit sans résistance.

Arrivée dans l’église,  elle s’agite de nouveau et refait une crise blasphématoire. Après une parole d’exorcisme du supérieur du Laus, elle se calme aussitôt. La bergère l’exhorte alors vivement à faire une confession générale. Elle est reprise d’agitation et ne peut achever sa confession. On la conduit à la sacristie où on lui donne du pain béni. Dès qu’elle en eut goûté, elle est totalement soulagée "comme si elle fut revenue d’un profond sommeil. Elle achève alors la confession de toute sa vie avec de grands sentiments de douleur et de repentir." Elle communie avec "un très profond respect, et reste même près de deux heures immobile au pied de l’autel."

"Au sortir de l’église, la bergère la fit dîner avec elle, assaisonnant ce repas frugal de plusieurs avis salutaires… Dès lors, la douceur, le calme, la modestie et la joie parurent sur son visage … Toutes ses paroles étaient pleines de piété, de religion et de reconnaissance envers Dieu et la Très Sainte Vierge, édifiant tous ceux qui avaient été témoins de sa fureur et de sa délivrance."

Le texte poursuit : "Elle [Benoîte] fut en même temps privée des consolations qu’elle recevait des visites de la Sainte Vierge, qui semblait l’avoir abandonnée : ce qui était pour elle un tourment inconcevable …
Enfin, à force de souffrir avec un amour qui la consumait, Benoîte se vit réduite à rester un mois dans son lit …

Elle fut avertie par un Ange du jour de sa mort, qui fut celui de la fête des Saints Innocents, en l’année 1718. Elle était âgée de 71 ans et 3 mois.

Le jour de Noël, Benoîte reçut le saint viatique, et ensuite la sainte extrême onction, avec des désirs enflammés de se réunir à Jésus Christ. La Très Sainte Vierge, qu’elle avait eu le bonheur de voir tant de fois, lui ayant apparu à ses derniers moments afin qu’elle rendit, pour ainsi parler, le dernier soupir entre ses bras, l’heureuse Benoîte n’avait plus rien à souhaiter que la vue de Dieu, le partage des cœurs  et des âmes pures, à qui elle rendit son esprit dans une profonde paix, le jour auquel l’Église honore la mémoire de tant d’innocentes victimes qui furent immolées, entre les bras de leurs mères, par ordre d’un roi jaloux et cruel"
(C.A.R., p. 577).

Le témoignage de Jean-Baptiste Royère, prêtre de 35 ans, associé à l’institut de Notre-Dame de Sainte-Garde, qui écrit au début de l’année 1719, à l’aveugle savant et mystique de Marseille, François Malaval, quelques jours après le décès de Benoîte, nous paraît d’une grande portée. Il considère que Benoîte est à mettre "au rang des Thérèse, Geneviève, Catherine de Sienne."  Il s’approche d’elle et lui dit : "Ma bonne sœur, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas nous donner votre bénédiction ?" Benoîte, objectant que c’est à la Bonne Mère de la donner, sort sa main du lit et dit : "Je vous la donne bien volontiers mes bons pères. Elle s’en excusa par respect, cependant, elle ne voulut pas nous refuser cette consolation."

"Et tout aussitôt, levant les yeux vers le ciel, entre les bras de ses nièces et la venue des Anges qu’elle donnait à connaître par son visage riant, elle décéda joyeusement. Et son âme, selon qu’on le peut pieusement croire, fut portée dans le ciel par les esprits bienheureux"
(B.D., pp. 364,367).

Cette joie de la mort de Benoîte, fruit de l’Esprit Saint, est un signe flagrant de la plénitude qui jaillit de son union au Christ crucifié et de sa participation à la fécondité spirituelle et maternelle de la Mère de Dieu qui est aussi la Mère de l’Église.

Cette fécondité spirituelle jaillit de la mort de Benoîte comme un fleuve de paix qui continue à se répandre sur les pèlerins du Laus et à l’extérieur de ce lieu béni sur une multitude de personnes qui forment la grande famille de Notre-Dame du Laus.

Ils sont nombreux, ceux qui redisent aujourd’hui : "Ma bonne sœur, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas nous donner votre bénédiction ?"

Combien de personnes, combien de prêtres aussi, peuvent témoigner aujourd’hui de cette filiation spirituelle ? Ils viennent aujourd’hui nombreux marcher sur les pas de Benoîte en ces lieux marqués par sa vie, sa passion, sa mort et sa fécondité spirituelle.

Ils vivent avec elle quotidiennement, à l’école de Marie, à la suite de Jésus, dans le souffle de l’Esprit Saint, trouvant une relation de plus en plus filiale et profonde avec le Père céleste. C’est ainsi qu’ils se mettent au service du peuple de Dieu, pour sa plus grande gloire et pour le salut des hommes.

Pour en savoir plus
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