Retraite avec Benoîte, 11ème jour

Publié le par AS

Benoîte à Marseille

Le Laus portera du fruit partout (
Mi-août – mi-septembre 1692)

"Dieu lui fait connaître l’intérieur des cœurs et même pénétrer l’avenir. Car elle lui a dit des choses que seul Dieu connaissait et lui a montré comment les mener selon la volonté de Dieu"
(C.A.G., p. 208).

"Cette sainte fille a fait plus de fruit à cette maison dans sa visite qu’on en a fait en vingt ans (réflexion d’une supérieure d’un des monastères visités par Benoîte -
C.A.G., p. 209).

La servante de Dieu a maintenant 45 ans. Le pèlerinage s’est enraciné et a pris une ampleur étonnante. Benoîte Rencurel, au-delà des expériences mystiques surnaturelles, a poursuivi avec ténacité son apostolat de laïque. Elle accueille et écoute les pèlerins. Le chemin semble à présent tracé et facile.

Cependant, fin juillet 1692, commence pour la France, et particulièrement pour cette région un véritable drame. C’est la guerre.  40 000 hommes, des piémontais, des espagnols, des vaudois, des émigrés calvinistes se sont ligués et menés par le jeune duc de Savoie, Victor Amédée II, passent les Alpes et assiègent la région dans sa totalité. 

C’est le temps des difficultés pour Gap et Embrun, mais aussi pour le Laus et Benoîte. Pendant plus de vingt ans, la servante de Dieu va devoir faire face aux dangers des invasions et aux conséquences de la guerre, à l’hostilité de l’Église d’Embrun dont le Laus dépend.

C’est dans un contexte d’hostilité qu’elle va devoir poursuivre sa mission. Ce ne sont pas seulement les difficultés que nous regardons, mais aussi les réactions de Benoîte et les interventions célestes.

Benoîte et ses amis sont obligés de s’enfuir à Marseille. Ce voyage et ce séjour dans la cité phocéenne vont être l’occasion d’un rayonnement considérable de la grâce du Laus et du charisme de Benoîte, en même temps qu’une révélation de sa notoriété dans toute la Provence. Les manuscrits nous racontent son voyage jusqu’à Marseille où elle est accueillie par le prévôt du chapitre, M. Foresta-Colongue qui va devenir vicaire général et plus tard évêque d’Apt. Benoîte lui dit de la part de la Vierge qu’il médite des projets "qui ne sont pas agréables à Dieu par la manière dont il veut les réaliser."

Le prêtre, impressionné, comprend que Benoîte est vraiment conduite par l’Esprit de Dieu. Elle visite les monastères de femmes de Marseille, elle lit dans les consciences des religieuses, touche les cœurs et provoque de profondes réformes.

"Les religieuses sont contentes de ses avis, admirent sa douceur, son don particulier de connaître les cœurs de chacune dès qu’elles la voient, et cet attrait particulier de gagner en si peu de temps les âmes à Dieu, si elles profitent de ses salutaires avis"
(C.A.G., p. 208).

La bergère n’hésite pas, pour compléter ses conseils, à intervenir auprès de l’un des consuls de la ville, M. Trulier, pour lui demander de donner d’autres confesseurs aux filles repenties qui vivent dans le couvent des Maguelonettes. Le consul acquiesce et change les confesseurs.

Gaillard cite une réflexion sur Benoîte venant de l’une des religieuses à Hermitte et à Aubin : "Que cette fille est admirable ! Elle ne nous avait jamais vues, et cependant elle nous a dit tout ce que nous avions fait, découvrant les replis de notre conscience, nos péchés secrets, et même plusieurs choses que nous ignorions."
(C.A.G., p. 209).

Gaillard nous raconte le voyage retour de Marseille. Il nous signale quelques épisodes, en particulier celui qui eut lieu à Puy-Sainte-Réparade, et qui ne fut pas sans provoquer quelques remous.
En ce lieu, la dévotion s’était perdue. Le curé, en apprenant l’arrivée de la bergère du Laus, veut l’éjecter de sa paroisse, la traite de sorcière et lui dit toutes sortes d’injures qu’elle écoute fort patiemment.

"Puis elle lui demande s’il a tout dit. Non ! sorcière ! j’aurais bien d’autres choses, mais que veux-tu dire ? Parle – Je dis, Monsieur, puisque vous me le permettez que je ne suis, Dieu merci, ni sorcière, ni fille de joie, et que je ne mérite pas toutes les injures que vous me dites. Je suis véritablement une grande pécheresse, mais je n’ai pas commis tant de crimes dont vous m’accusez. Et puisque vous me permettez de parler, je vous dis que je vois l’Enfer ouvert pour vous engloutir et bientôt, si vous ne faites pénitence.

Elle lui raconte alors toute sa vie depuis l’âge de raison, car il avait entretenu une femme qu’il avait quittée et en avait encore une autre. Elle lui précise toutes les circonstances de ses péchés de jeunesse et de prêtre. Il en rougit, pâlit, sachant que tout était vrai, se met à pleurer, à gémir, se jette à genoux, la supplie de prier Dieu pour lui, et de lui donner une médaille pour se souvenir d’elle. Benoîte la lui refuse parce qu’il l’avait appelée sorcière, en quoi elle eut tort"
(C.A.G., p. 212).

L’épisode de Marseille annonce les missions du Laus à l’extérieur et la grâce universelle de Benoîte. Les Oblats de Marie Immaculée, arrivés en 1818, sont les premiers réalisateurs de la mission universelle du Laus. Ils sont remplacés par des prêtres du diocèse de Gap qui désormais sont appelés les missionnaires du Laus.

Le rayonnement du Laus, au Canada et en d’autres pays mentionnés en d’autres chapitres, manifeste la grâce de Marseille, carrefour des peuples et la vocation à venir du sanctuaire dans le cadre du dialogue œcuménique, du dialogue interreligieux et de la nouvelle évangélisation.


Pour en savoir plus
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Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
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