Retraite avec Benoîte, 6ème jour

Publié le par AS

Benoîte et l'Eucharistie
La grâce du Laus : une grâce eucharistique

Le sacrifice de la messe est d’un mérite infini : il n’est qu’un, et il est commun au prêtre avec ceux qui l’entendent, qui doivent unir leur cœur, leur intention, leur volonté à la sienne tout le long de la messe ; et ceux qui ne reçoivent pas son corps réellement, le peuvent spirituellement pour participer au sacrifice de la messe, comme faisaient les pères du désert.
(C.A.G., pp. 128-129).

Cette bonne fille a tant de foi et de vénération pour l’auguste sacrement de l’autel, qu’elle dit fort souvent que, pourvu qu’elle soit dans l’église où le Saint Sacrement repose et où il est exposé, quand tout l’enfer viendrait, il ne saurait l’épouvanter. (C.A.G., p. 170).

Dès avant les premières apparitions de mai 1664, Benoîte participe tous les dimanches à la messe. Au cours d’une célébration eucharistique elle est touchée par l’homélie de son curé, Jean Fraisse, qui fait allusion à la Mère de Miséricorde.


Depuis ce jour, Benoîte a le désir secret de la voir.

Cette grâce ne serait-elle pas une grâce eucharistique, communiquée à Benoîte par l’intercession de la Sainte Vierge, que Jean-Paul II appelle la femme eucharistique ? (Exhortation apostolique sur l’eucharistie et l’Église).


Peu de temps après, au Vallon des Fours, la Belle Dame invite Benoîte à se rendre à l’église de son village pour prier devant le Saint Sacrement.


Pour l’aider dans cette prière, elle lui apprend l’Amende honorable, prière d’adoration et de réparation bien connue à cette époque.


À la fin du mois de septembre, après l’apparition de Pindreau, Dame Marie apparaît à Benoîte debout sur la droite de l’autel poussiéreux. En tendant son tablier, la bergère ne se doute pas qu’elle est en train de préparer la nappe de l’autel où la messe ne tardera pas à être célébrée. Il n’y manquera rien, dit Dame Marie, comme pour répondre au geste de Benoîte. La Mère de Dieu lui demande alors de faire construire ici une église et une maison pour les prêtres. Car, dit-elle, j’ai choisi ce lieu pour la conversion des pécheurs.


Beaucoup viendront ici se convertir. Les paroles fondatrices du sanctuaire du Laus annoncent prophétiquement la dimension eucharistique de ce lieu.


En effet, dès le printemps suivant, la messe est célébrée. Le Saint Sacrement est présent dans le tabernacle. La lampe à huile indique la présence de Jésus-eucharistie. Les nombreuses guérisons qui sont dues à l’onction de cette huile sont indéniablement des guérisons eucharistiques : il sortait de son corps une force qui les guérissait tous.


Les premiers pèlerins se convertissent à l’approche de la Sainte Chapelle, dans le rayonnement de la présence eucharistique de ce saint lieu.


Benoîte y passera des nuits entières. Elle en sortira transformée pour devenir, elle aussi, une femme eucharistique.


Désormais, contrairement aux habitudes de son époque, à la demande de la Sainte Vierge, elle communie chaque semaine. Benoîte vit de l’eucharistie. Elle est entraînée à la suite du Christ qui a donné sa vie pour nous. Elle participe de plus en plus à son sacrifice rédempteur.


On comprend alors sa réplique à l’ermite qui lui demande s’il ne vaudrait pas mieux prier Dieu dans sa chambre que d’aller à la messe.


Non,
dit-elle, car le sacrifice de la messe est d’un mérite infini … Je voudrais, mon bon frère, me pouvoir souvenir de tout (ce que m’a enseigné mon confesseur) : vous verriez, mon bon frère, l’obligation où sont les fidèles d’entendre la messe les jours d’obligation, et les grâces qu’on y reçoit les autres jours. Mais, mon bon frère, pour une raison qui me saute aux yeux, ne sortez-vous pas de votre cellule pour chercher votre vie ? Ne courrez-vous pas déjà et delà où l’on se dissipe plus souvent ? …


Penser à notre fin dernière ; aller à la messe, non seulement les jours d’obligation, mais les autres ; se lever un peu plus matin pour y aller tous les jours, si vous le pouvez, quand même vous seriez à une lieue loin de l’église, et prier par le chemin, comme vous le feriez dans votre cellule …
(C.A.G., pp. 128-129).


Ces paroles se passent de commentaire … Elles nous disent le sens et l’estime que Benoîte avait du sacrifice de la messe.


Voici, pour conclure, un témoignage récent, celui de Claire Ly qui en dit long sur la grâce eucharistique du Laus. Revenue de l’enfer des khmers rouges, cambodgienne et bouddhiste pleine de haine et profondément révoltée, elle choisit de demander des comptes au Dieu des occidentaux. Pourquoi a-t-il permis ces horreurs ?


Peu à peu ce Dieu étranger devient un compagnon qui la conduira vers une voie étonnante.

Elle s’aventure à lire le Nouveau Testament. Jésus la déconcerte. Était-il homme ou Dieu ? C’est au Laus que la réponse lui est donnée. Elle assiste à la messe dans la Basilique, le 28 décembre, jour de grande fête à Notre-Dame du Laus :
« Cette fête cumule la rencontre annuelle des prêtres du diocèse de Gap avec leur évêque et l’anniversaire de la mort de Benoîte Rencurel ».

En voyant tous les préparatifs, Thira et Ratha (ses filles) souhaitent assister à la messe. Je n’y vois aucun inconvénient, c’est l’occasion de mieux connaître la prière des chrétiens. C’est une messe extrêmement vivante, avec des chants très rythmés accompagnés par deux guitaristes. L’accueil de l’assemblée vers nous, étrangers, est exemplaire … Mes enfants et moi, nous regardons, nous chantons.


À la consécration, tous les trois nous sommes debout comme l’assemblée. Je regarde le célébrant qui lève l’hostie. Alors il me semble qu’une réponse s’impose à moi : cet homme Jésus est vraiment Dieu. Dans l’espace de quelques secondes, cette certitude m’habite et me procure une paix et une joie profonde…
« Il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent … »

J’ai alors la certitude que mon Dieu Témoin n’est pas le fruit de mon imagination, mais que c’est Lui, le Dieu de Jésus-Christ … Comme Cléopas et son ami, mes yeux s’ouvrirent.


Claire Ly reconnaît le ressuscité à la fraction du pain. Elle fait alors sa demande officielle d’entrée en catéchuménat à l’église catholique du diocèse de Nîmes… Elle est actuellement chargée de cours à l’ISTR (Institut de Sciences et Théologie des Religions) de Marseille.


Combien de fois, depuis trois siècles et de nos jours encore, des yeux se sont ouverts dans la Basilique de Notre-Dame du Laus au moment de la consécration et du récit des paroles de l’institution eucharistique ! …

Pour en savoir plus
Pourquoi cette retraite ?
Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
L'histoire des apparitions

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