Retraite avec Benoîte, 4ème jour

Publié le par AS

La naissance du pèlerinage (1665-1669)
Il manifesta sa gloire

Depuis les fêtes de la Pentecôte 1665, jusqu’en janvier 1667, on peut assurer avec vérité qu’il est venu plus de 130 000 âmes de toute la province du Dauphiné et autres du royaume et même des capitales de l’Espagne et du Piémont (C.A.Gr., p. 524).

D’où vient ce prompt changement qui se fait en un instant ? D’une grâce victorieuse et efficace qu’ils reçoivent en ce saint lieu et qui triomphe de la volonté sans les contraindre. Les attraits de cette grâce sont si puissants qu’elle porte la douceur dans le cœur, les sanglots et les soupirs sur les lèvres, les larmes aux yeux. Ils sont pris d’une si vive douleur d’avoir offensé Dieu qu’ils ont de la peine à l’énoncer. Joie et tristesse qui produisent un même effet : la conversion (C.A.G., p. 74).

Benoîte, comme Jésus, a vécu sa retraite au désert durant les quatre mois du printemps et de l’été 1664 au Vallon des Fours et durant l’automne et l’hiver dans la solitude de la chapelle de Bon Rencontre.

Voici que je la conduirai au désert et que je lui parlerai au cœur.

Elle va commencer maintenant sa vie publique sous la direction de Marie, auprès de laquelle elle va revivre les mystères lumineux de Jésus : le baptême au Jourdain, les noces de Cana, l’annonce du Royaume et l’appel à la conversion, la transfiguration et l’institution de l’eucharistie.

À partir du printemps, la grâce du Laus commence à se manifester : grâce de conversion et de transformation intérieure, qualité rare des confessions qui émerveillent les prêtres, nombreuses guérisons, en particulier celle de Catherine Vial, totalement paralysée, devant laquelle le grand vicaire Antoine Lambert, qui vient interroger Benoîte, ne peut retenir ses larmes en ne cessant de répéter plus de vingt fois : Le doigt de Dieu est là, le doigt de Dieu est là.

« Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » Le processus des scènes évangéliques se reproduit au Laus d’une façon étonnante.

Après la construction de l’église (1666-1669), les pèlerins se succèdent plus nombreux encore en un flot presque ininterrompu vers la chapelle de Bon Rencontre d’où rayonne la présence eucharistique. Chaque fête religieuse provoque un rassemblement plus important. L’atmosphère du vallon bourdonne de prières. On y entendait retentir de tous côtés : Mère de Dieu, priez pour nous !.. 61 guérisons sont signalées par Monsieur Grimaud jusqu’en juin 1667, et une vingtaine d’autres par Monsieur Gaillard jusqu’au début de 1669. Les guérisons des yeux et des ulcères sont les plus fréquentes ainsi que les paralysies, les cas dits désespérés, les maladies digestives ou nerveuses et enfin les grosses fièvres et les surdités.

Monsieur Gaillard qui décrit les guérisons de 1668 fait remarquer qu’il n’a pas eu le temps de consigner toutes les guérisons qui se sont réalisées, tant au niveau du corps que du psychisme et de l’âme. De nombreuses guérisons sont attribuées aux effet de l’huile de la lampe de la petite chapelle.

En effet la Vierge avait dit à Benoîte au commencement de la dévotion que ceux qui se feraient des onctions avec l’huile de la lampe, s’ils ont la foi, seraient guéris par son intercession. Les parfums du Laus sont ressentis par de nombreuses personnes. Benoîte les avait ressentis lors de son arrivée au Laus, au lendemain de l’apparition de Pindreau, fin septembre 1664, aux approches de la chapelle de Bon Rencontre. À partir de Pâques 1666, ce sont les pèlerins eux-mêmes qui ressentent très fréquemment les parfums.

Benoîte intervient chaque jour. Gaillard écrit qu’elle est l’instrument de la divine Marie et qu’elle contribue beaucoup à la conversion.
Sa présence réjouit chacun.

À l’occasion du premier pèlerinage qui vient de Lazer, en avril 1665, au cours duquel a lieu le premier miracle d’un estropié qui se remet à marcher et qui jette ses béquilles, la Mère de Dieu apparaît à Benoîte près de l’église de Saint-Étienne. Elle lui commande d’avertir ses compagnes pour rejoindre ce pèlerinage, d’aller avec eux au Laus en chantant, en pleine nuit, les litanies de la Sainte Vierge. Cette visite de Marie est particulièrement importante pour signifier la mission d’accueil et d’accompagnement de Benoîte et de ses compagnes.

Les promesses de Dame Marie se réalisent : conversions, guérisons, construction de l’église qui s’achève en 1669.

Déjà se dessine la triple composante de la mission de Benoîte : prière continuelle pour les pécheurs, les âmes du Purgatoire et pour les intentions particulières qui lui sont confiées, accueil et accompagnement des pèlerins, participation aux souffrances rédemptrices du Christ par ses pénitences et son amour de la Croix.

Cette période correspond tout à fait, comme nous l’avons dit, aux mystères lumineux du rosaire du Christ qui est lumière du monde. Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique sur le rosaire, dit en effet que « cette dimension est particulièrement visible durant les années de la vie publique du Christ lorsqu’il annonce l’évangile du royaume ».

À la fin de la méditation de ce quatrième jour sur les pas de Benoîte, nous sommes invités à éclairer chacun des mystères lumineux par les événements de cette période de la vie du sanctuaire et de la mission de Benoîte.

La messagère de Marie, en effet, comme Jésus au Jourdain, est investie pour sa mission à la chapelle de Bon Rencontre par la Mère de Dieu qui est la Reine des Apôtres. Elle reçoit les lumières et les joies de l’Esprit Saint qui est la colombe de la paix. Elle va, comme Jésus, être plongée dans les eaux de l’Humanité de son temps à travers le déferlement des pèlerins marqués par les péchés de cette époque. L’écho de l’annonce évangélique des premiers temps retentit sur tous ceux qui viennent au Laus et qui, au contact de Benoîte dans le rayonnement de la Mère de Miséricorde, reviennent vers le Sauveur et reçoivent le pardon. Les miracles du Laus continuent ceux de l’Évangile. Ils sont du même style et produisent le même effet. Ils amènent les pèlerins à redécouvrir l’eucharistie et la Communion qui les transforment.

La gloire de Dieu se manifeste à la fois par les miracles qui sont les signes de la présence du Seigneur et par le visage rayonnant de Benoîte qui actualise au Laus le mystère de la transfiguration.


Pour en savoir plus
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Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
L'histoire des apparitions


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