Retraite avec Benoîte, 3ème jour

Publié le par AS

De Pindreau à la chapelle de Bon Rencontre (Automne 1664)
Présence et absence

Apparitions à Pindreau
Elle y voit sa souveraine princesse, les délices de son âme, sa toute aimable sur le haut de ces masures, plus éclatantes que le soleil. La divine Marie lui dit d’aller au Laus.

- Ma bonne Dame, d’où vient que vous m’avez privée si longtemps de l’honneur de vous voir ?
- Vous le pourrez désormais dans la chapelle du Laus et elle disparut après
(C.A.G., p.59).

La divine Marie lui dit d’aller au Laus, qui est au-dessus, du côté du septentrion, au lieu où elle verra une petite chapelle d’où sortiront de bonnes odeurs, que c’est là où la verra très souvent
(C.A.G., p.59 sq ).

Comme son absence lui avait causé une tristesse incomparable et sa présence une joie indicible, elle ne manqua pas, le jour suivant, de laisser ses brebis au parquis, et de s’en aller au lieu que la Sainte lui avait dit de l’y voir. Puis elle y va plusieurs et diverses fois, du côté droit de l’autel de ladite chapelle
(C.A.Gr., p. 523).

Le 29 août 1664, la privation subite de la présence de la dame qui vient de révéler son nom est une épreuve affective et spirituelle pour Benoîte. La Vierge, qui lui apprend à attendre, l’éduque en la privant de sa présence sensible. Ce mois de septembre est un mois de préparation à une mission qui n’a pas été indiquée encore à la bergère, qu’elle ignore et ne pressent aucunement.

Elle est placée devant un mystère troublant : que veut d’elle la Vierge ? Pourquoi cette absence ? L’expérience que vit Benoîte durant cette période n’est pas sans lien avec celle que Marie a connue pendant trois jours avec Joseph à la recherche de Jésus qui était resté au temple.

Ô Fils ! Pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi nous te cherchions, angoissés.
Benoîte interroge elle aussi la Vierge, lui demandant pourquoi elle est restée si longtemps sans se montrer à elle. La réponse de la Vierge n’est pas sans lien avec celle de Jésus au temple. Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ?

La Vierge, en guise de réponse, se contente de dire à Benoîte qu’elle
l’attend au Laus, dans la petite chapelle. C’est là que Benoîte découvrira la mission du Père et les horizons nouveaux de sa vocation. Trois aspects marquent la rencontre de Pindreau : la luminosité de la Vierge. La réaction de Benoîte : elle accourt, joyeuse et enthousiaste. Elle interroge : ma bonne dame, d’où vient que vous m’avez privée de l’honneur de vous voir ? Les paroles de Marie qui contiennent trois éléments :

- une invitation à se rendre au Laus où elle trouvera une petite chapelle,
- un signe : les parfums,
- une promesse : elle la verra très souvent.

C’est l’annonce de nombreuses apparitions qui vont avoir lieu dans l’avenir. C’est l’annonce d’une mission à laquelle Benoîte va être appelée à se consacrer toute entière et durant toute sa vie.

Apparition à la chapelle de Bon Rencontre
Elle y monte, cherche et sonne à toutes les portes des maisons pour trouver la chapelle où elle sentira bon. Elle l’aperçoit, commence à sentir les parfums, la voit à demi ouverte et elle aperçoit la divine Marie, sur l’autel tout nu, qui lui dit qu’elle avait bien cherché et qu’il fallait le faire sans pleurer, qu’elle lui avait pourtant fait plaisir de ne s’impatienter pas. Benoîte, prosternée à genou avec ses soumissions ordinaires et un profond salut, voyant l’autel tout nu, lui dit : Voudriez-vous que je fende mon tablier pour le mettre sous vos pieds ? Il est tout blanc.

Marie lui dit qu’elle le garde, que dans peu il n’y manquera rien, ni nappe, ni ornement … qu’elle y veut faire bâtir une église en l’honneur de son Très Cher Fils et d’elle-même où beaucoup de pécheurs et de pécheresses se convertiront … Benoîte lui répond qu’il n’y a point d’argent là pour bâtir. Il faudra demeurer dans cette petite chapelle comme elle est. Marie lui dit de ne s’étonner pas. Que quand il faudra bâtir on trouvera tout ce de on a besoin et au plus tôt. Ce sera l’argent des pauvres, il n’y manquera rien. Il se faisait tard. Marie lui dit de se retirer, que ses maîtres la cherchaient
(C.A.G., p.59).

La première apparition à la chapelle de Bon Rencontre est précédée d’une recherche animée par le désir de la rencontre. C’est dans cette petite chapelle, appelée aussi Sainte Chapelle, que Marie donne les paroles fondatrices et prophétiques du pèlerinage de Notre-Dame du Laus : Marie a choisi ce lieu pour la conversion des pécheurs, beaucoup viendront ici se convertir,
pour cela il faudra bâtir une église et une maison pour les prêtres dont quelques-uns seront résidents … C’est là qu’elle la verra très souvent.

Marie confirme donc la promesse de nombreuses apparitions qui dureront 54 ans, c’est-à-dire jusqu’à la mort de Benoîte, le 28 décembre 1718.

Marie prépare Benoîte à sa mission

Au cours de l’automne et de l’hiver 1664 et 1665, d’après les témoignages précis et complémentaires de nos chroniqueurs, la Vierge apparaît quasi quotidiennement à la chapelle de Bon Rencontre, sur le côté droit de l’autel.

Chaque jour, durant deux à trois heures, Marie converse avec Benoîte, puis la congédie ou s’en va sans dire un mot.
Elle lui commanda de prier sans cesse pour les pécheurs, lui nommant le plus souvent ceux pour qui elle veut qu’elle prie. C’est la première mission de Benoîte. Durant ses apparitions, la Vierge continue son éducation.

Benoîte laisse son troupeau au bas de la descente du Laus et celui-ci est plusieurs fois protégé de l’attaque des loups.Ces apparitions continuent encore de temps en temps au moment où Grimaud écrit sa relation véritable, c’est-à-dire avant l’été 1667.

Cette période est pour notre bergère
une expérience spirituelle de joie indicible, de douceur, de charme, de profonde quiétude, et de grande consolation. C’est un véritable noviciat. Les seuls visiteurs sont ses compagnes qui viennent chanter les litanies de la Sainte Vierge et des cantiques spirituels.

Durant cette troisième journée de notre retraite, nous sommes invités à nous laisser envahir par l’Esprit Saint à travers le regard lumineux de la Vierge Marie, à nous laisser éduquer par elle. Nous pouvons, nous aussi, dire et méditer avec Benoîte, ses compagnes et tous les amis du Laus, les litanies de la Sainte Vierge.

C’est l’heure de revivre la rencontre au Temple de Joseph et Marie avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne. C’est l’heure de redire avec le cœur le cantique que l’Église reprend tous les soirs à la prière des complies : « Maintenant, ô Maître Souverain, tu peux laisser tons serviteur s’en aller en paix selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton Salut que tu as préparé à la face des peuples, gloire de ton peuple Israël et lumière des nations. »

C’est l’heure de ressentir avec Marie et Benoîte le péché du monde qui imprègne notre cœur et de prier nous aussi pour les pécheurs dont nous sommes les premiers.
Cet enfant sera un signe de contradiction … Un glaive te transpercera le cœur …

La joie de Bon Rencontre annonce le mystère de la Croix et les épreuves à venir de Benoîte.


Pour en savoir plus
Pourquoi cette retraite ?
Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
L'histoire des apparitions

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