Retraite avec Benoîte, 1er jour

Publié le par AS

 

La prière des jeunes années (1647-1664)
Les bases de la vie chrétienne


L’an 1647, et dix-septième du mois de septembre, a été baptisée Benoîte Rencurel, fille à Guillaume Rencurel et à Catherine Matheron. Elle naquit de parents très bons catholiques et très vertueux, vivant de peu de biens et du travail de leurs mains. Son père l’aimait beaucoup et dans ses innocentes caresses, disait souvent : Cette fille ne me coûtera rien pour la marier. Il mourut alors qu’elle n’avait que sept ans. Sa mère, qui doit s’occuper d’elle et de ses deux sœurs, est alors dépouillée de tous ses biens : Benoîte lui disait toujours dans son bas âge de ne pas s’affliger, que Dieu et sa Mère les assisteraient…

À dix ans, la mère de Benoîte la mène à Saint-Sixte, au-delà de la Durance, paroisse de Bréziers. À son retour, la corde de la barque se rompt, va jusqu’à Tallard, se remplit d’eau. Benoîte dormait ; s’éveillant, se trouvant toute baignée, dit à tous de prier Dieu de leur faire miséricorde. La barque s’ensable, entonnent les cloches de Tallard, tout le monde y accourt et on les tire sans que personne ait pris mal. La mère de Dieu apparaissant après à Benoîte lui dit que pour l’amour d’elle, elle avait sauvé tous ceux qui étaient dans la barque…

N’ayant que sept à huit ans, il y avait dans Saint-Étienne une femme grandement malade. Comme elle avait perdu le parler, Benoîte dit à ses camarades : Allons dire le rosaire pour cette malade. Ce qu’elles firent. En retournant du rosaire pour la revoir, elle reprit la parole et dit que Benoîte était la plus belle de toutes et puis celle-ci qu’elle nommait, et puis l’autre qu’elle nommait aussi. Elle se confessa et mourut très chrétiennement
(C.A.G., pp. 49-50.)

Au contact de ses parents, profondément chrétiens, Benoîte connaît une atmosphère de prière familiale auprès d’un père bienveillant et d’une mère énergique. Elle apprend par cœur les prières fondamentales des chrétiens : le Credo, le Pater et l’Ave Maria et les récite très tôt avec le cœur.

« Tous ne peuvent lire les Écritures, écrit saint Augustin, les uns à cause de leur ignorance, les autres parce que leurs occupations les éloignent de la connaissance. Pour que cette ignorance n’entraîne pas la perte de l’âme, nous renfermons dans un petit nombre de versets toute la doctrine de la foi qui est contenue dans le symbole des Apôtres. »

C’est encore Saint Augustin qui écrit à propos du Pater : « Et si tu parcours toutes les formules de prières sacrées, tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion. On est donc libre, lorsque l’on prie, de dire les mêmes choses avec des paroles diverses, mais on n’est pas libre de dire autre chose. » C’est ainsi que Benoîte est entrée, avec Marie, dans la substance des Saintes Écritures et dans la prière de l’Église.

La présence de la Mère de Dieu contribue indéniablement au développement des vertus théologales et morales de la petite fille.

Sa manière de réagir à la mort de son père (1654) en témoigne.
Dieu et sa mère nous assisteront. Ces paroles qu’elle ne cesse de répéter à sa mère, accablée par la mort de son mari, dénotent une profondeur spirituelle précoce de la part d’une fillette de sept ans qui puise sa foi et sa confiance aux sources de son baptême.

Il importe à cette occasion de signaler l’importance et l’impact du chapelet et de la récitation des mystères du rosaire durant ces années d’enfance. N’oublions pas que la veille de sa mise en service, elle prie sa mère
de lui acheter un chapelet, ce qu’elle fit.

En égrenant son chapelet à longueur de journée tout en gardant son troupeau, Benoîte pénètre avec Marie dans la contemplation des mystères du salut. Une telle prière mariale ne peut pas ne pas avoir influencé les attitudes et les comportements de la bergère que les manuscrits nous relatent durant cette tranche d’âge.

Nous sommes invités, comme elle, à contempler le Christ avec Marie, en prenant en main notre chapelet et en renouvelant notre manière de vivre le rosaire. C’est une invitation à découvrir cette prière à la lumière de la lettre apostolique de Jean-Paul II sur la prière de rosaire. Marie vit en gardant les yeux fixés sur le Christ. Chacune de ses paroles devient pour elle un trésor. Benoîte, sans trop le savoir, se laisse imprégner des mystères du Christ avec Marie, et cela transforme son existence. Nous venons de le voir dans les exemples concrets qui émaillent ses jeunes années.

On peut dire que Benoîte, à travers le rosaire, a vécu l’expérience de Marie. Elle est entrée ainsi dans la vie contemplative.

En concluant ce premier jour, citons deux évènements qui ont servi de préparation plus ou moins prochaine aux apparitions de la Vierge. Il s’agit tout d’abord du sermon sur la Vierge qui suscite en Benoîte le désir de voir la Mère de Miséricorde. Un dimanche, Benoîte avait été très touchée par la parole de son curé, Jean Fraisse, qui avait fait allusion à la Mère de Miséricorde et depuis ce jour-là, elle eut en elle le désir secret de voir la Mère de Miséricorde.

Le deuxième événement, c’est la rencontre du vieillard saint Maurice sur la montagne qui porte son nom et qui va confirmer le désir de Benoîte. Ce vieillard au visage lumineux qu’elle rencontre là-haut sur la montagne avec son troupeau, près de la chapelle de Saint-Maurice, lui annonce que le lendemain elle verra la Mère de Dieu. Il lui donne en même temps un bâton pour se protéger contre les loups.

Notre vie, comme celle de Benoîte, est constituée par deux éléments qui ne cessent de s’entremêler : le désir et les événements, souvent inattendus, par lesquels Dieu nous conduit.

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