Réaction de Mgr di Falco après l'affaire de la publicité plagiant la Cène

Publié le par AS

Dans un article paru dans le quotidien Libération (édition du 12 mars), l’évêque de Gap, Mgr Jean-Michel di Falco, répond aux interrogations suscitées après l’affaire de la publicité plagiant la Cène du Christ. Mgr di Falco intervient en tant que président du Comité permanent pour l’information et la communication de la Conférence des Évêques de France.

 

Comment avez-vous réagi à l’affiche incriminée ?

 

Je me suis dit qu’il y a tout de même une profonde contradiction dans notre société. A partir du moment où on légifère contre les signes religieux jusqu’à friser le grotesque – par exemple, lorsqu’on interdit les sapins de Noël dans certaines administrations alors que cela n’a jamais été un signe religieux -, je trouve qu’il y a une certaine hypocrisie de la part de certains publicitaires, à court d’imagination, à détourner de manière provocante des symboles importants et précieux pour nous, chrétiens. Des publicitaires qui usent de la provocation avec la conviction que nous n’allons pas réagir. Or, précisément, nous avons réagi.

 

Le recours à la justice est-il la bonne réaction ?

 

Dans tous les cas, nous sommes piégés. Si nous disons quelque chose, nous sommes instrumentalisés par la marque qui a détourné le symbole. Si nous ne disons rien, les consciences qui sont blessées sont déçues, attendant de l’Église qu’elle réagisse en tant qu’institution. Dans l’absolu, il faudrait éviter d’aller devant les tribunaux. La notion de respect de la croyance de l’autre devrait être inscrite dans la conscience de chacun.

 

Mais y a-t-il tant de personnes choquées ?

 

Bien sûr, il suffit de voir le courrier que nous recevons. Il ne faut pas juger ce type d’affaire avec un regard parisien. Car, à Paris, les gens voient tellement de choses sur les affiches dans le métro qu’ils sont en quelque sorte « vaccinés ». En province, dans des milieux modestes, les gens sont sincèrement blessés. Je ne veux pas faire de triomphalisme à partir de la décision de justice. J’espère seulement que cela amènera les publicitaires à réfléchir avant de se lancer dans la provocation gratuite, soit par mauvaise foi, soit par ignorance de toute culture religieuse. Il y a la liberté de création, mais elle doit être confrontée à la liberté de croyance de l’Église. La liberté ne peut pas être à sens unique ».

 

Propos recueillis par Daniel Licht pour le quotidien Libération du 12 mars.

 Marithé François Girbaud

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