Mgr di Falco commente le "Da Vinci Code"

Publié le par AS

Alors que l'ouvrage Da Vinci Code de Dan Brown continue de figurer dans les meilleures ventes de livres depuis maintenant 52 semaines, Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et président du Comité permanent pour l'information et la communication de l'Eglise de France, répond(*) aux interrogations que suscite ce livre.

  

 

Comment expliquez-vous le succès du roman policier de Dan Brown, le Da Vinci Code ?

 

Il y a un effet de mode indéniable. Le succès du roman aux États-Unis a certainement joué en faveur des ventes en France. Mais il y a peut-être des raisons plus inconscientes. Ce livre est publié dans une période de remise en cause générale. À côté de cette remise en cause tous azimuts, il y a également une recherche d’ordre spirituel qui va dans tous les sens. Les gens pensent : pourquoi un roman qui a la prétention affichée d’aborder un sujet religieux ne donnerait-il pas des réponses ? Le question qui taraude nos contemporains en quête de réponses, c’est à la fois « si c’était vrai ? », mais aussi avec angoisse, « et si ce n’était pas vrai ? ». Le succès du livre est peut-être un symptôme de cette recherche angoissée.

 

 

Qu’est-ce qui vous semble le plus contestable dans le Da Vinci Code ?

 

Le point le plus problématique du roman est qu’il sème volontairement le doute sur les fondements de la foi chrétienne et sur l’Église. À travers des affirmations péremptoires et farfelues, étayées par de prétendues recherches universitaires, l’auteur entreprend de démolir l’Église catholique, qui serait coupable d’avoir dénaturé le message du Christ. Le roman policier qui fonctionne sur le dévoilement de preuves sert de prétexte à un dévoilement de fausses preuves, toutes à charge contre l’Église. En chemin, la démagogie n’est pas absente, puisque l’Église apparaît peu à peu comme une ennemie déterminée des femmes. Pire encore, l’Église présentée par Dan Brown est prête à tout, y compris à commanditer des meurtres et à falsifier les écritures saintes pour asseoir son pouvoir. L’histoire rappelle le prétendu complot de l’Église qui aurait agi contre la publication des manuscrits de Qumran. De fait, la théorie du complot est le fil conducteur de l’ouvrage, avec les relents les plus détestables que véhicule ce type de théorie.

 

 

Ce climat de complot et de pouvoir occulte fait la part belle à l’ésotérisme. Pourquoi cette séduction de l’ésotérisme ?

 

Il est curieux de constater que les mêmes qui disent ne pas croire à la résurrection du Christ souhaitent entrer en contact avec les esprits. La cohérence de la foi chrétienne est niée. Aujourd’hui, les recherches d’ordre spirituel vont souvent de pair avec la recherche de sensations nouvelles. Or, la foi chrétienne semble être un héritage du passé, supposé connu, sans surprise. L’ésotérisme procure le frisson du secret et le sentiment de faire partie des initiés.

 

Propos recueillis par Marie-Caroline de Marliave

 

 

(*)Interview à paraître dans la Revue mensuelle Catholiques en France de la Conférence des Evêques de France (reproduction interdite).

 

Pour mieux comprendre le phénomène "Da Vinci Code", cliquez ici.

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