Samedi 22 mars, "Jésus au tombeau"

Publié le par AS

Samedi saint

Etait-ce donc un lieu de mort que ce tombeau de Jésus ? Tout tombeau est un lieu de mort. Mais au fond, en réalité, pour la foi qui est la vraie lumière, était-ce la vie ou la mort qu’abritait cette tombe ? C’était la vie, une vie silencieuse, si l’on veut, une vie cachée et comme semée, attendant son moment pour éclore et paraître au monde, mais c’était bien la vie, et quelle vie ! Une vie haute, pleine, royale, maîtresse absolue d’elle-même, et qui, éclipsée trois jours pour l’avoir librement voulu, allait tout à l’heure éclater au dehors et peu à peu tout envahir, plus forte que le temps, plus vaste que l’espace, plus profonde que l’enfer.

Oui, ce qui est mort en vous, ô mon Dieu, est plus vivant que tout le reste qui vit au ciel et sur la terre. Le grain de froment va refleurir en épi ; ce n’est pas même seulement un épi qu’il devient, c’est une moisson immense devant remplir la terre, persister jusqu’au dernier jour et nourrir divinement toute notre pauvre humanité.

Toute la vie de l’Église jusqu’à la fin des temps, toute vie surnaturelle donnée aux créatures, jaillit de ce rocher creusé où votre sacré corps a reposé trois jours : votre sépulcre est le grand baptistère où tous les enfants d’Adam se plongent, pour en renaître enfants de Dieu.

Charles Gay (1818-1892), 90e élévation sur la vie et la doctrine de N.S.J.-C.

 

L’auteur

 

Né à Paris dans une famille bourgeoise aisée, Charles Gay sera élevé dans l’indifférence religieuse des lendemains de la Révolution. Les rencontres de Lacordaire et d’Ozanam l’orienteront vers le sacerdoce qu’il reçoit en 1845. Tenté par la vie monastique, il sera finalement appelé à Poitiers par le futur cardinal Pie, qui en fera son principal collaborateur, notamment dans la préparation du concile Vatican I, puis son évêque auxiliaire. Menant une existence très indépendante et retiré, familier des monastères contemplatifs (il fonde notamment le carmel du Dorat), Mgr Gay laisse des milliers de pages rédigées dans un style digne de Chateaubriand, la sensibilité spirituelle en plus. Musicien lié à Gounod, prédicateur lié à Lacordaire, formateur d’âmes lié à Libermann, Mgr Gay fut à coup sûr l’un des grands acteurs de la résistance spirituelle à la laïcisation de la France du XIXe siècle.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 - A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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