Samedi 15 mars, "Jésus n’a pas triché avec notre humanité"

Publié le par AS

En vue de sauver tous les hommes par la croix du Christ, la volonté du Père et du Fils était commune, et leur dessein était commun ; et rien n’aurait pu perturber ce qui avait été miséricordieusement disposé et immuablement défini avant les siècles éternels. Celui qui a donc assumé l’homme tout entier, en a reçu et la sensibilité corporelle, et les affections de l’âme. Et ce n’est pas parce que tout en lui était plein de grâces et plein de miracles, que les larmes qu’il a versées étaient fausses, que la faim qui l’a fait manger était mensongère, ou que le sommeil dont il a dormi était simulé. C’est dans notre humble condition qu’il a été méprisé, dans notre tristesse qu’il a été affligé, dans notre douleur qu’il a été crucifié. Car sa miséricorde a subi les épreuves de notre mortalité afin de la guérir, sa force les a acceptées afin d’en être victorieux.

Aussi, lorsque le Fils de Dieu dit : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi », il prend la voix de notre nature et se fait l’avocat de la fragilité et de la pusillanimité humaines, pour que, dans ce qu’il nous faudra supporter, et la patience soit fortifiée, et la frayeur repoussée.

Saint Léon le Grand († 461), 7e Sermon sur la Passion (Sermon LVIII)

 

L’auteur

 

Né à Rome, diacre, c’est au cours d’une mission en Gaule que Léon apprend son élection comme pape. En cette époque où l’Empire s’effondre, il devient le grand protecteur du peuple face aux invasions barbares. En 452, il sauve Rome des hordes d’Attila, mais ne peut empêcher le sac de la ville par les Vandales en 455. Sur le plan doctrinal, face aux nestoriens et aux monophysites, sa formulation de la double nature humaine et divine du Christ sera consacrée par le Concile de Chalcédoine en 451.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 - A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

 

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