Mercredi 12 mars, "Mourir dans le Christ, pour qu’il vive en nous"

Publié le par AS

Nous devons désirer avec Dieu de tout perdre, afin qu’il ait tout ; de ne rien être en nous, afin qu’il soit tout ; d’y mourir toujours et à toutes choses, voire même à celles qu’il lui plaît de nous donner, afin que lui-même soit vivant en nous dedans ses propres dons ; de ne rien posséder en nous, afin qu’il y possède tout et y jouisse de tout ; et nous devons vouloir que par la parfaite sainteté de son Esprit et très exacte justice, il tienne le pécheur dans sa mort et la créature dans son néant, et qu’il ne souffre jamais que nous sortions de cette mort qui laisse vivre Dieu en nous, de ce néant qui donne lieu en nous à son être, de cette privation et pauvreté intérieure qui cède à Dieu toutes choses et ne peut pas souffrir que la créature jouisse de quoi que ce soit, afin que Dieu seul jouisse en nous et y possède tout.

Charles de Condren (1588-1641), Lettre XI

 

L’auteur

 

Né près de Soissons d’un père converti du protestantisme, Charles de Condren appartient au milieu des grands commis de l’État, ce qui lui vaudra une place centrale dans l’épanouissement spirituel de la France de Louis XIII. De petite santé, tout entier voué à la vie intérieure, c’est malgré lui qu’il acceptera la succession de Bérulle à la tête de la congrégation de l’Oratoire. Sa puissance intellectuelle comme sa sainteté en feront le véritable maître de « l’École Française », dont l’influence sera décisive sur la formation du clergé, notamment à travers Jean-Jacques Olier, curé de Saint-Sulpice.

 

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 - A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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