Vendredi 7 mars, "La sainteté en mangeant"

Publié le par AS

(abstinence de viande)

Quand vous vous mettrez à table, vous vous persuaderez que Notre Seigneur y est assis le premier, plus désireux de vous repaître selon l’esprit que selon le corps. Il veut toutefois que vous fassiez cette action, puisqu’on ne peut subsister sans cela pour l’entretien de la vie. Imaginez-vous qu’il mange le premier et veut que vous mangiez avec lui ; et croyez que vous ne devez pas prendre votre réfection corporelle avec moins de charité et de révérence en son endroit, que lorsque vous êtes à l’autel pour repaître de lui-même votre âme languissante et affamée de l’aimer et de le posséder.

Il vous sera facile de conclure de ceci avec quelle gravité vous devez être, et procurer que les autres soient à table, ne souffrant qu’on tienne des propos autres que divins en votre présence, ou, pour le moins, tendant à pareille fin.

Jean de Saint-Samson (1571-1636), Le Miroir et les Flammes de l’Amour divin




L’auteur

Né dans la petite bourgeoisie de Sens, Jean du Moulin perd la vue à quatre ans. Très doué pour la musique, il devient organiste. À trente ans, semi mendiant à Paris, il fréquente le couvent des carmes de la place Maubert, s’y faisant lire par les jeunes frères et commentant pour eux les auteurs mystiques à la mode dans la capitale en plein renouveau spirituel. En 1606, il devient carme à son tour au misérable couvent de Dol-de-Bretagne, y prenant le nom de Jean de Saint-Samson. Son exemple et son enseignement l’ont fait surnommer le « saint Jean de la Croix français ».

 

(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 - A l'école des saints - Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

Publié dans Actualité

Commenter cet article