Mercredi 5 mars, "On a toujours ce qu’il faut pour pardonner"

Publié le par AS

Sachez, frères très chers, qu’il y a deux sortes d’aumônes : l’une du cœur, l’autre d’argent. L’aumône du cœur consiste à remettre le tort que l’on t’a fait. Car parfois tu cherches à donner quelque chose à un indigent et tu n’as pas de quoi ; mais tu as tout ce qu’il faut pour pardonner au pécheur, et autant que tu le veux. De l’or, de l’argent, des vêtements, du blé, du vin et de l’huile, il peut arriver que tu n’aies pas de quoi en donner aux pauvres ; mais pour ce qui est d’aimer tous les hommes, de vouloir pour les autres ce que tu veux pour toi-même et de pardonner à tes ennemis, jamais tu ne pourras t’en excuser : car si dans ta cave ou dans ton grenier tu n’as rien que tu puisses donner, tu peux sortir du trésor de ton cœur quelque chose à offrir.

Remarquez bien, mes frères : l’aumône de la charité vaut par elle-même et en l’absence de biens terrestres, tandis que l’aumône matérielle ne vaut rien du tout si elle n’est pas offerte de bon cœur. Et puisque, comme vous le voyez vous-mêmes, frères très chers, en l’absence de biens terrestres, la charité et l’amour de nos ennemis suffisent largement et abondamment pour la rémission de tous les péchés, il ne nous restera aucune excuse à ce sujet au jour du Jugement, et personne ne pourra dire qu’il n’a pas eu de quoi racheter ses péchés.


Saint Césaire d’Arles (470-543), Sermon 38, 5



L’auteur

Né à Châlons-sur-Saône de parents gallo-romains, Césaire part à vingt ans au monastère de Lérins. Ses écrits sur les règles monastiques en feront l’un des pères du monachisme occidental. Diacre, prêtre, puis évêque d’Arles en 502, il doit composer avec les rois wisigoths et ostrogoths, chrétiens, mais ariens. Défenseur de la foi catholique, il préside à ce titre de nombreux conciles, réforme un clergé relâché, fonde plusieurs monastères féminins, et devient l’homme de confiance du pape pour le sud de la Gaule et l’Espagne. Face aux hérésies pélagiennes, qui attribuaient à l’homme, même pécheur, une certaine capacité à s’assurer la vie éternelle, Césaire assurera le triomphe de la doctrine de saint Augustin sur l’absolue gratuité du salut. Après l’annexion de la Provence par les Francs en 536, ses excellentes relations avec la famille de Clovis vaudront d’importantes donations aux archevêques d’Arles.

(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 - A l'école des saints - Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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