Mardi 4 mars, "Dans ce monde, mais pas de ce monde"

Publié le par AS

Frères, même ce que nous faisons d’honnête en ce monde, essayons de n’y toucher, pour ainsi dire, que de la surface de notre esprit, de telle sorte que les biens terrestres soient au service de notre corps, mais en encombrant le moins possible notre cœur.

Nous n’osons pas vous dire d’abandonner toutes choses, mais cependant, si vous le voulez, même en les conservant, abandonnez-les quand même. Je veux dire : gérez les affaires temporelles tout en vous appliquant de tout votre cœur aux éternelles.

Ceux que la nécessité retient en ce monde, si bien qu’ils ne peuvent s’en débarrasser, qu’ils possèdent les choses de la terre de telle façon qu’au moins ils n’y succombent pas dans la ruine spirituelle. Pensez-y bien, et puisque vous ne pouvez pas abandonner tout ce qui est du monde, faites le bien au dehors pour les choses du dehors, mais attachez-vous intérieurement d’autant plus ardemment aux choses éternelles. Que rien ne retienne le désir de votre cœur, qu’aucune complaisance coupable ne vous enferme en ce monde : en aimant ce qui est bon, que votre esprit se complaise en ce qui est meilleur encore, c’est-à-dire dans les choses d’en-haut ; et en craignant ce qui est mauvais, qu’il mette votre âme face aux maux éternels. Et ainsi, en visant l’au-delà, qu’il ne s’attache pas davantage ici-bas à ce qu’il aime ni à ce qu’il redoute.


Saint Grégoire le Grand († 604), Homélie 36 sur les Évangiles

 

L’auteur

Personnage immense, issu de l’aristocratie sénatoriale, arrière-petit-fils du pape Félix III, préfet de Rome puis émissaire de Pélage II à Byzance, il lui succède de 590 à 604, menant sur le trône de Pierre la vie monastique qui fut la sienne avant son élection par le peuple romain. Il n’accepta celle-ci qu’après sept mois de résistance, une tentative de fuite, et le refus de l’empereur d’y mettre son veto. Au moment de l’écroulement des structures civiles de l’Empire romain du fait des calamités du temps, Grégoire doit assurer la gestion de toute l’Italie autant que le gouvernement de l’Église : entre les invasions barbares, les premières grandes pestes d’Occident et autres inondations, il était persuadé, comme saint Augustin un peu plus tôt, de vivre la fin du monde, et il était en réalité en train d’ouvrir le Moyen Age.

(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 - A l'école des saints - Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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