Dimanche 2 mars, "Crier vers le Seigneur"

Publié le par AS

« L’aveugle criait de plus belle : Fils de David, aie pitié de moi ! » Celui que la foule veut faire taire crie de plus belle : plus le tumulte des pensées nous assaille, plus nous devons intensifier notre prière. La foule s’oppose à nos cris, en ce sens que les fantasmes nés de nos péchés nous poursuivent souvent jusque dans la prière. Et c’est pourquoi il faut que la voix de notre cœur insiste d’autant plus qu’elle est plus durement repoussée, jusqu’à ce qu’elle l’emporte sur le tumulte indu de nos pensées, et parvienne aux oreilles miséricordieuses du Seigneur à force de l’importuner.

Lorsque nous détournons notre esprit de ce monde pour le tourner vers Dieu, lorsque nous nous mettons à prier, voilà que ce que nous faisions auparavant avec délices, nous devons maintenant le supporter dans la prière comme un poids et un dérangement. Mais si nous persévérons avec force à prier, nous arrêtons en notre esprit Jésus qui passe. En effet, tant que la foule des fantasmes nous assaille dans la prière, nous sentons Jésus comme s’il passait ; mais si nous persévérons avec force dans la prière, Jésus s’arrête pour nous rendre la lumière, car Dieu est stable en notre cœur, et la lumière perdue est de retour.

Saint Grégoire le Grand († 604), Homélie 2 sur les Évangiles



L’auteur

Personnage immense, issu de l’aristocratie sénatoriale, arrière-petit-fils du pape Félix III, préfet de Rome puis émissaire de Pélage II à Byzance, il lui succède de 590 à 604, menant sur le trône de Pierre la vie monastique qui fut la sienne avant son élection par le peuple romain. Il n’accepta celle-ci qu’après sept mois de résistance, une tentative de fuite, et le refus de l’empereur d’y mettre son veto. Au moment de l’écroulement des structures civiles de l’Empire romain du fait des calamités du temps, Grégoire doit assurer la gestion de toute l’Italie autant que le gouvernement de l’Église : entre les invasions barbares, les premières grandes pestes d’Occident et autres inondations, il était persuadé, comme saint Augustin un peu plus tôt, de vivre la fin du monde, et il était en réalité en train d’ouvrir le Moyen Age.


(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 - A l'école des saints - Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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