Samedi 1er mars, "Tout amour véritable vient de Dieu"

Publié le par AS

Certains ont pitié de leurs semblables parce qu’ils ont besoin de leur secours. C’est le degré le plus infime de la miséricorde, et qui ne dépasse pas l’intérêt personnel : c’est ainsi que nous aimons nos chevaux, nos chiens et nos autres animaux domestiques.

D’autres en ont pitié du fait de la parenté ou de l’amitié, parce qu’ils sont fils ou frères, familiers ou amis. C’est un degré un peu plus élevé et qui commence à mériter le nom de vertu.

D’autres enfin en ont pitié du seul fait que le prochain est le prochain, c’est-à-dire que leurs semblables sont hommes comme eux, créés par le même Dieu qui les a tirés de la même terre. À partir de là, ils ne veulent pas voir s’il s’agit d’amis ou d’ennemis, de bons ou de méchants, de parents ou d’étrangers : leur miséricorde est pour tous ceux dont ils reconnaissent qu’ils ont été créés à l’image de Dieu. Ce degré est le plus élevé auquel les hommes peuvent atteindre.

La miséricorde est établie dans les cieux et provient du cœur de notre souverain Père, et c’est de là qu’elle descend pour remplir notre terre : élève donc les yeux, ô mon âme, vers cette source sublime de la miséricorde ; regarde cette souveraine pureté sans aucun mélange d’intérêt propre. Et tâche non seulement d’avoir pitié de tes frères, mais d’en avoir pitié selon cet amour pur que notre Père du ciel exerce envers nous.

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), La Montée de l’Âme vers Dieu, XIV, 3


L’auteur

Né en Toscane, neveu du pape Marcel II, Robert Bellarmin devient jésuite à dix-huit ans. Après des études à Rome, Florence, Padoue et Louvain où il est ordonné prêtre, il se distingue comme enseignant et prédicateur. De retour à Rome, conseiller des papes, il rédige le catéchisme que Clément VIII imposera à toutes les paroisses. Archevêque de Capoue et cardinal, Robert Bellarmin se révélera aussi bon pasteur que théologien. Élu par le conclave pour succéder à Clément VIII, le veto du roi d’Espagne l’empêchera de coiffer la tiare. Exceptionnellement doué dans tous les domaines, Robert Bellarmin n’en restait pas moins d’abord homme de Dieu, et fut notamment le directeur spirituel de saint Louis de Gonzague.

(Extrait du livre Carême pour les Cancres 2008 - A l'école des saints - Un texte par jour pour marcher vers Pâques, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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