Le Père Paul Richaud, un homme de cœur !

Publié le par AS

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et les prêtres des Hautes-Alpes ont entouré le Père Paul Richaud, décédé à l’âge de 88 ans, ce 25 janvier à la Cathédrale de Gap , pour un dernier adieu. Né à Lazer, dans le sud du département, il a été ordonné prêtre en 1943 et chargé successivement de cours au Petit séminaire, de la maîtrise de Notre-Dame du Laus, des paroisses de Veynes comme vicaire, puis de nombreuses autres paroisses du diocèse comme curé. Il a ensuite été économe diocésain pendant 5 ans de 1984 à 1989, avant de prendre sa retraite à l’âge de 80 ans, à la maison de Clairfont. Nous vous proposons ici le texte de l’homélie du Père André Bernardi.

Le Père Paul Richaud, assis, entouré du Père Martinon et du diacre Pierre Ferraris


« Prêtres des  Hautes-Alpes, nous sommes rassemblés autour de lui pour lui exprimer notre amitié, pour dire à toute sa famille qu’il était un confrère bon et agréable. 

Beaucoup d’autres pourraient parler à ma place et mieux que je ne le ferai. Certains sont déjà partis. J’ai accepté avec émotion de prendre la parole aujourd’hui en votre présence, vous sa famille, les confrères,  les paroissiens et ses amis venus très nombreux du Laragnais, son pays natal, de ses différentes paroisses : Trescléoux, Briançon, Rosans … 

Paul est celui qui m’a accueilli tout jeune prêtre en 1973 à Briançon Sainte Catherine. Pendant 5 ans, nous avons vécu sous le même toit : de très bons moments d’amitié fraternelle, de vie apostolique, de travail dans la patience et le dialogue, de conseils sans remarques sévères ou blessantes. Son sens fraternel, il me l’a manifesté en m’invitant à faire partie du groupe de prêtres de l’Union Apostolique dans lequel des plus âgés et des plus jeunes aiment se retrouver régulièrement – notre dernière rencontre date d’avant-hier, lundi : il n’y était plus présent physiquement mais il l’était dans notre pensée et notre prière. 

Il est celui qui a grandement contribué à construire ma vie de prêtre. Aujourd’hui et souvent, je pense à lui, à sa bonne humeur, à son bon sens qui était une véritable sagesse. 

Plutôt qu’une homélie sur les textes entendus, je dirai ce que j’éprouve au fond de moi à son départ et ce que je retiens de ce que j’ai vu chez lui. 

C
e confrère m’a fait découvrir le beau et le vrai contenu de la vie sacerdotale : le travail humble du quotidien, le service dans les petites et les grandes occasions, les rencontres fraternelles chez tel ou tel autre prêtre, le calme devant les situations difficiles ou délicates, le sens du service accompli dans l’obéissance. Il a été ce serviteur du Maître jusqu’au bout, jusqu’à ce dimanche 15 janvier, malgré sa fatigue. 

Prêtre, oui il l’était mais bien humain, avec ses passions : le sport en général, spécialiste en rugby et en Formule 1, mais aussi redoutable en mots croisés ou aux chiffres et aux lettres. Il en connaissait un rayon en histoire, celle de la France , les belles époques et les plus sombres aussi, celle de l’Eglise, de la grande Eglise et celle de son diocèse. 

Il fait partie de ces figures de prêtres qui se font rares et qui, sans le savoir ni le vouloir, ont marqué des plus jeunes. 

Aujourd’hui, avec son départ, je me pose cette question : et moi, quel visage de prêtre je montre à ceux qui se posent la question d’une vocation ? Personnellement, je remercie Dieu et l’Esprit-Saint agissant à travers nos responsables diocésains de m’avoir permis de vivre cinq années auprès d’un tel formateur – ce dont il se défendrait mais qu’il fut réellement- à travers des repas et des sorties qui sont des moments d’échange aussi bien que dans des réunions et des célébrations vécues ensemble. 

Son itinéraire de prêtre n’a sûrement pas toujours été facile comme pour nous tous, mais il a toujours su garder la foi et rayonner l’espérance : auprès de lui, on pouvait trouver le réconfort, il savait être rassurant, tout en étant lucide sur la réalité de la vie. 

Homme cultivé, il était intéressant à écouter et à son contact, on s’instruisait et l’on devenait plus humain. 

Voilà ce que son départ, un peu rapide, m’a donné l’occasion  d’admirer, de réfléchir et de dire - avec cœur et simplicité comme il aimait et comme il l’était « lui, le Paul » ! 

Que son cœur qui a cessé de battre, fatigué dans son corps de chair, que son cœur qui a tant donné retrouve un autre rythme, celui de l’éternité dans le cœur de Dieu. 

Paul, nous tous, en particulier tes frères prêtres aujourd’hui rassemblés autour de toi, nous sommes bien tristes de ne plus te compter parmi nous, de ne plus te parler ni t’entendre, mais nous sommes sûrs que le Seigneur t’a invité à sa table en te disant «  c’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître ». 

             Père André Bernardi 
             Curé doyen du Guillestrois

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