Les médias et la santé du Pape

Publié le par AS

L’Église communique-t-elle bien sur la santé du Pape?

 

L’Évêque de Gap, président du Comité permanent de l’épiscopat pour la communication (COPIC) et ancien porte-parole de la Conférence épiscopale, participait à Rome à un symposium du Conseil pontifical pour les communications sociales, dont il est consulteur. Un colloque qui, commencé comme une rencontre d’étude, a attiré micros et caméras dès l’hospitalisation de Jean-Paul lI, jeudi matin.

 

Jean-Paul II salue la foule, dimanche 27 février, depuis

l'hôpital Gemelli à Rome (photo Grant/AP).

 

Ce qui me paraît souhaitable, c’est « de dire les choses clairement, sans enrober la vérité. Concernant l’évolution de la santé du Pape, tout le monde at­tend que l’on dise ce qu’il en est, mais dans le respect de sa personne. Le Pape aussi a droit au respect, le droit de vivre sa maladie et ses souffrances en paix, sans être harcelé, sinon lui directement, du moins son entourage. On n’est pas obligé de donner tous les détails. Mais compte tenu de ce qu’il est, de la place qu’il occupe dans l’Église, il faut dire les choses comme elles sont, le diagnostic que font les médecins. Tout le monde voit bien que le Pape est malade, que son état s’aggrave: il ne faut pas le cacher.

 

Le fond de la question, c’est qu’à partir du moment où l’Église, c’est-à-dire des personnes d’Église, communiquent, notamment par le biais de la télévision, elles doivent en connaître les règles et les accepter, sans s’attendre à un traite­ment privilégié ou particulier. Aujourd’hui, l’Église est traitée dans les médias comme n’importe quelle autre institution: nous serons toujours déçus tant que nous n’ac­cepterons pas cet état de fait et l’idée que les journalistes ne sont ni au service de l’Église, ni des missionnaires. Ils font leur travail de journalistes. Même si cela nous dérange, c’est comme ça. Quand on va s’exprimer dans les médias, quels qu’ils soient, il faut savoir qu’il y a une rencontre qui est difficile et ne sera jamais satisfai­sante. C’est ça ou l’absence. Or, une ins­titution est reconnue à partir du moment où les médias en parlent, et en particulier quand la télévision en parle.

 

Je dis souvent que les chrétiens n’ont pas besoin des médias pour exister, mais qu’ils en ont besoin pour être reconnus comme existant. Alors, bien sûr, on sait très bien que tout ce qu’on peut dire ne sera pas restitué. Il faut donc être plutôt bref dans ce qu’on va dire. Parfois ce sera peut-être mal traduit parce que, si c’est un média audiovisuel, Il y a un montage qui ne correspondra pas toujours à ce qu’on a exprimé. Les médias sont sans nuances et fonctionnent souvent selon un système binaire: c’est mal/c’est bien, c’est noir/c’est blanc, c’est à droite/c’est à gauche... Les situations sont bien plus complexes que ça. Mais c’est comme cela que les médias fonctionnent, notamment la télévision ».

 

Propos recueillis à Rome par Yves Pitette pour La Croix du 1er mars 2005 (voir le site de La Croix).

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