Diocèse d’Embrun : le patrimoine embrunais décrit depuis trois siècles

Publié le par AS

L’histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d’Embrun publiée anonymement pour la première fois en 1783, puis sous la forme de polycopies en 1959 par l’association des Haut-Alpins du Var a été éditée une nouvelle fois, en 2006. Ces trois éditions, celle d’origine, celle du XXe siècle et enfin celle de 2006, se trouvent à la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry.

Edition-de-1959.jpgEdition de 1959


L’auteur en est l’abbé Antoine Albert. Il serait né en 1717 à Chantemerle et connaît particulièrement bien le diocèse d’Embrun. En effet, il est curé dans le Queyras puis de Seyne-les-Alpes de 1756 à 1802. Il décède dans cette dernière localité en 1804. Il est aussi l’auteur de manuels de prédications. Il est diplômé en droits canon et civil de l’université de Paris, il est également docteur en théologie.

L’édition d’origine du texte, compte deux volumes, l’un de 562 pages, l’autre de 501 pages, avec une table des matières pour chacun d’eux et une page d’
errata. Le premier tome est consacré à une histoire générale, à une géographie et à une étude botanique : nous sommes à l’époque de l’Encyclopédie, cela se ressent dans un tel ouvrage. En outre, Antoine Albert évoque, à la page 152 Marcellin Fornier et son ouvrage historique sur les Alpes parmi les sources qu’il a consultées. C’est, enfin, l’époque où plusieurs ouvrages de botanistes paraissent dans les Alpes, notamment ceux de Dominique Villars.

Edtion-de-2006.jpgEdition de 2006


Le premier tome de l’ouvrage est aussi celui où l’auteur publie des notices sur les vallées et paroisses du diocèse d’Embrun qui couvre une partie du nord des Hautes-Alpes actuelles et en même temps, en déborde. C’est ce volume qui a été utilisé pour la réédition de 2006. Nous y trouvons une présentation de La Roche (actuellement, La Roche-de-Rame) :

« Les habitants de ce pays s’occupent beaucoup à faire de la poix, qui fait la matière de leur principal commerce, de même que le bois, et le charbon, qu’ils vont vendre à Briançon, ou qu’ils apportent à Embrun. »

A cette description fait écho celle de Rossignol de Vallouise (jésuite ayant enseigné au collège d’Embrun et qui a vécu à La Roche) une quinzaine d’années plus tard, dans ses Mélanges, également disponibles à la Bibliothèque du diocèse de Gap :

« On y voit une seule maison dans un état d’une honnête aisance. Les autres ne subsistent qu’à force de travail. Nulle part, je n’ai trouvé des hommes aussi laborieux. Du reste on n’y voit pas un seul mendiant ; grand exemple de ce que peut l’esprit d’activité, et la soumission aux ordres de la Providence qui a condamné les enfants d’Adam à se nourrir à la sueur de leur front […] Il est sorti de ce pays une multitude d’hommes qui ont fait des fortunes brillantes dans le commerce. Plusieurs se sont signalés dans les sciences et les arts. »

Edtion-original-de-1783.jpgEdition originale de 1783


L’abbé Antoine Albert consacre le second tome de l’ouvrage à l’histoire ecclésiastique du diocèse en raison du grand nombre de chercheurs se consacrant à cette matière seule. Il commence par une présentation générale du diocèse d’Embrun, dont voici un extrait :

« il n’est pas surprenant, avec tant d’anciens privilèges, soit temporels soit spirituels, que plusieurs archevêques d’Embrun aient préféré cet archevêché aux sièges les plus brillants du royaume : que Jacques Gélu ait quitté celui de Tours, que Jean Girard ait renoncé à celui de Reims, et que Guillaume d’Avançon ait refusé ceux de Vienne et d’Arles pour se fixer à Embrun, ainsi qu’on le verra dans la suite de cette histoire ».

Au-delà de son travail d’histoire religieuse, l’auteur dresse des notices pour chacun des archevêques. L’ouvrage contient aussi un long article, sur l’abbaye de Boscodon, des origines à sa fermeture effective en 1770, presque contemporaine de l’œuvre d’Albert.

Concernant Briançon, Antoine Albert écrit : « 
on croit que c’est la plus haute ville du monde, ce qui paraît probable, parce que les Alpes sont les plus hautes montagnes de l’univers, et que Briançon est la plus haute ville des Alpes ». Malgré quelques sophismes comme celui-ci, les notices paroissiales, fort intéressantes en elles-mêmes, sont souvent utilisées par des historiens. L’ouvrage représente aussi un panorama général du diocèse d’Embrun tel qu’un ecclésiastique pouvait le voir à la veille de la Révolution française. Bien sûr, c’est une mine de renseignements, notamment un travail à partir de sources qui n’existent plus, mais ne faut-il pas voir aussi dans cette étude historiographique une source pour l’histoire du diocèse d’Embrun au XVIIIe siècle ?

Les trois éditions de cet ouvrage sont consultables à la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry, qui se trouve à Notre-Dame-du-Laus.

                          Luc-André Biarnais
                          Directeur de la Bibliothèque diocésaine Mgr Depéry

Renseignements :
Tel. : 04 92 40 00 26 - bibliothèque@diocesedegap.com

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dracip27 20/11/2007 12:06

Bonjour et Bienvenue dans ma communauté"Le champ du monde". Je voudrais profiter de ce contact pour rappeler que les sujets"politique" et "adulte" seront exclus. Cette parenthèse faite je vous présente à nouveau  mes vœux de bienvenue et vous accepte avec un très grand plaisir. A + tard .Dracip