A 40 ans de la clôture du Concile Vatican II...

Publié le par AS

Ce 8 décembre, l’Eglise catholique fête le 40ème anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, qui aura duré près de 3 ans. Pour marquer cet anniversaire, le Service de la formation permanente du diocèse de Gap a organisé une conférence sur ce thème, dans la soirée du 7 décembre, faisant intervenir Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap, le Père Pierre Fournier, responsable de ce service, ainsi que le Docteur Xavier Hinault, passionné d’histoire de l’Eglise et organisateur de la rencontre. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes.


Cérémonie d'ouverture du Concile Vatican II, dans la basilique Saint-Pierre

Au cours de son intervention, le Père Fournier a rappelé que le Concile a été convoqué par le Pape Jean XXIII à peine deux mois après son élection sur le siège de Pierre, créant ainsi la surprise au sein de l’Eglise qui ne comprend pas tout de suite. "L'Osservatore Romano", le quotidien officiel du Vatican, donne l'information le lendemain en quelques lignes, sans même donner de titre ! Quelques jours plus tard, aux collaborateurs de Jean XXIII qui lui font remarquer l'impossibilité d'ouvrir le concile pour 1963, il répond, "nous l'ouvrirons en 1962". Ce qui fut fait.

A l’époque, dans le diocèse de Gap, Mgr Georges Jacquot était nommé coadjuteur de Mgr Bonnabel, qui comptait déjà 27 ans d’épiscopat. Mgr Jacquot pouvait ainsi participer au Concile et, ensuite, mettre en œuvre dans notre diocèse les orientations qui en sortiraient. Il était accompagné d’une délégation haut-alpine : le Père Louis Nal, Vicaire Général, le Père Paul Chevallier, de la cathédrale de Gap, et les curés des paroisses situées aux deux extrémités du diocèse : le Père Paul-Louis Rousset, curé de La Grave, et le Père Jean-Baptiste Brochier, curé de Ribiers.

Jean XXIII est présent à la première session, mais il meurt le 3 juin 1963. Les trois sessions suivantes (auxquelles participent tous les évêques) sont présidées par son successeur, le pape Paul VI, qui conclut le Concile le 8 décembre 1965. 

Au cours de sa prise de parole, Mgr Jean-Michel di Falco a pour sa part insisté sur les conséquences majeures du Concile Vatican II. Une des plus importantes ayant suscité de vifs débats par la suite, a-t-il affirmé, est l'ouverture nouvelle de l'Eglise vis-à-vis des autres religions. La déclaration conciliaire "Nostra Aetate", votée en 1965, marque la reconnaissance officielle par l'Eglise des valeurs constituées par les religions non chrétiennes.

 
Des représentants des religions orientales...


Quant au thème de la culture, il est également plus que jamais d'actualité, même si le contexte culturel a considérablement évolué : le triomphe des méthodes critiques, la révolte d'une partie de la jeunesse, l'urbanisation galopante, la crise du magistère, l'enfouissement dans l'hédonisme, l'effondrement de la pratique religieuse, le laxisme moral ou encore la difficulté de la transmission de la foi. Aujourd'hui, Mgr di Falco estime ainsi que le défi principal pour la foi réside dans l'absence de Dieu dans la culture dominante, puissamment orchestrée par les médias. Pour lui, l'Esprit Saint suscite, au sein même de cet apparent désert de Dieu, des oasis qui peu à peu reverdissent.

Le Concile Vatican II, à travers le décret "Inter mirifica", s'est également penché sur la question de la communication à un moment particulièrement délicat du parcours historique de l'Eglise catholique. Il s'agissait alors de surmonter la méfiance envers le phénomène des communications.

Les médias ont justement joué un rôle important à la suite du Concile Vatican II dans le domaine liturgique, alimentant des débats souvent véhéments. La réforme liturgique voulue par le Concile (à travers "Sacrosanctum concilium") est certainement celle qui a suscité le plus de réactions pendant et après. Les difficultés rencontrées dans l'après Concile sont encore présentes à tous les esprits
 
Pour appliquer toutes ces réformes voulues par les Pères conciliaires et les papes successifs, il a enfin fallu repenser à l'identité propre des membres de l'Eglise. Dès la fin des années 60, sont nés des mouvements redécouvrant des vérités proclamées par le concile à savoir le sens de la communauté, ainsi que la mise en valeur de l'Esprit Saint et de la parole de Dieu. Beaucoup de ces groupes auront contribué à une redécouverte de la liturgie, non seulement celle de la messe, mais aussi de l'adoration eucharistique ou de la prière personnelle silencieuse.
 
L’Eglise a-t-elle besoin d'un Concile Vatican III ?, s’est ensuite demandé Mgr Jean-Michel di Falco. Le Code de droit Canon de l'Eglise catholique prévoit que le pape, "selon les besoins de l'Eglise", puisse "choisir et promouvoir les formes selon lesquelles les évêques exerceront collégialement leur charge à l'égard de l'Eglise tout entière". Même si ce code fait directement allusion au Concile, il souligne également l'existence d'autres formes de l'exercice de ce pouvoir, "qui peuvent être mises en oeuvre à l'initiative du pape lui-même ou acceptées librement par lui".

 
Un évêque tourné vers l'avenir !...

 
En mai 2001, le consistoire convoqué par Jean-Paul II au début du troisième millénaire est notamment revenu sur la manière d'exprimer la collégialité des évêques, en fonction des structures ecclésiales existantes. Si la question d'un éventuel Concile Vatican III n'a pas été directement abordée, les avis convergeaient toutefois vers la volonté d'appliquer d'abord dans son ensemble le précédent Concile. En conclusion, Mgr Jean-Michel di Falco a repris à son compte ces paroles d’un évêque : "la richesse des documents conciliaires n'a pas encore été assimilée. Il ne faut pas oublier que plus l'Eglise parle d'elle-même et plus elle oublie que c'est le Christ qu'elle doit annoncer".

Après ces deux interventions, le Docteur Xavier Hinault a présenté un montage vidéo sur lequel les participants ont pu (re) découvrir certaines phrases clefs de tous les textes conciliaires.


La colombe représentant l'Esprit-Saint
sur un vitrail de la Basilique Saint-Pierre



Le Concile Vatican II en quelques chiffres…

Pendant plus de trois ans, de 1962 à 1965, presque tous les évêques du monde entier - 2400 environ, ceux des pays communistes n'ayant notamment pas eu l'autorisation de quitter leurs territoires - vont se réunir à quatre reprises en sessions, dans la basilique Saint-Pierre.

Les documents conciliaires sont 16 au total, dont 4 constitutions - "Lumen gentium" sur l'Eglise, "Dei Verbum" sur la Révélation divine, "Sacrosanctum concilium" sur la sainte Liturgie et "Gaudium et spes" sur l'Eglise dans le monde de ce temps -, 9 décrets - cinq portent sur les charges ou états de vie dans l'Eglise et quatre sur les relations de l'Église catholique en son sein ou avec d'autres - ainsi que 3 déclarations - "Gravissimum educationis" sur l'éducation chrétienne, "Nostra aetate" sur les relations avec les religions non chrétiennes et "Dignitatis humanae" sur la liberté religieuse.
 
En quatre ans, 136 congrégations générales ont été tenues, durant lesquelles 2212 interventions orales et 4361 écrites ont été faites. 10 assises conciliaires ont été publiques. La moyenne générale des évêques participants était de 2200, et 242 d'entre eux sont morts durant le Concile, parmi lesquels 12 cardinaux. Par ailleurs, 460 experts ont pris part aux travaux, dont 235 prêtres séculiers, 45 jésuites, 42 dominicains, 15 franciscains et 123 membres d'autres ordres ou congrégations religieuses. En outre, pour la première fois dans l'histoire de l'Eglise, 52 auditeurs laïcs, hommes et femmes, ont été admis aux travaux, ainsi que 104 observateurs, délégués ou invités provenant d'Eglises non catholiques.

 

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