Veynes – Confirmation et messe d’actions de grâces pour le ministère du Père François BEDIN

Publié le par AS

Pour ce samedi  où l’Eglise fête les archanges Michel, Gabriel et Raphaël, l’Evangile nous rapporte l’épisode de la rencontre de Nathanaël avec le Christ. Une rencontre au hasard de la vie, pourrait-on dire ! Jésus, voyant Nathanaël venir à lui, déclare : « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir. » A ces mots, l’homme est fort surpris : « Comment me connais-tu ? » « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »

Precilia, Benoît, Céline, Tristan et Océane… Si le Christ vous disait : « voilà une véritable fille de Dieu, un réel fils de Dieu »… votre étonnement serait aussi grand que celui de Nathanaël : « Mais comment me connais-tu ? » 

Dieu est pourtant celui qui vous connaît depuis toujours, même avant votre naissance… Il a fait de vous son enfant bien-aimé et vous a reconnu comme tel au jour de votre baptême.  Benoît, tu t’en souviens mieux que les autres  puisque ton baptême s’est vécu dans une démarche consciente de ta part. La manière dont Dieu nous connaît n’est pas celle de quelqu’un qui serait prompt à surveiller pour condamner mais de quelqu’un qui veille sur chacun, cherchant à révéler ce dont il est capable, soucieux d’encourager et de remettre debout.

La première lecture que nous avons entendue ce soir peut nous donner froid dans le dos… pourtant cette vision d’Ezéchiel nous donne à réfléchir. Nous ne sommes qu’un paquet d’ossements quand notre amour reste squelettique…. Ossements desséchés, nous le sommes quand nous ne croyons plus à nos projets ni à nos rêves, quand s’épuise et s’assèche en nous le désir de donner et à se donner. Ossements desséchés, nous pouvons l’être individuellement !  Ossements desséchés, nos communautés peuvent l’être tout autant !  Elles le sont si entre les membres, n’existe plus la chair de la tendresse, de l’attention à l’autre, de la solidarité, de la communion et du pardon. 

L’Esprit nous est donné… L’Esprit va vous être donné pour qu’un souffle nouveau vous projette en avant de vous-mêmes, là où l’audace est permise et l’espoir est serein. Quel souffle au matin de la Pentecôte !  Toutes les peurs se sont envolées et des témoins se sont levés. Les disciples étaient verrouillés en eux-mêmes ; l’Esprit leur insuffle une énergie de témoin et les ouvre à l’espérance. Il est possible de se comprendre dans la richesse des différences.

Ce don de l
’Esprit que vous allez recevoir n’est pas que pour vous. Il est don pour notre monde, il est cadeau pour notre Eglise.   Don pour notre monde : l’Esprit de force vous accompagnera pour prendre votre place au cœur de notre monde. Ce monde ne peut pas se construire sans vous… S’il vous arrivait d’être inquiets de l’état du monde dont vous êtes les héritiers,  il vous revient de vous engager avec d’autres dans les efforts de respect de l’environnement, sur lequel notre Pape Benoît XVI nous invite à réfléchir. Il vous revient aussi d’œuvrer au  renforcement de la solidarité qui, seule, aura raison de toutes les guerres et de toutes les violences. « Qui veut faire l’ange fait la bête » disait Blaise Pascal.  Les archanges que nous fêtons aujourd’hui nous ramènent les pieds sur terre. Communier au Corps du Christ  n’est pas une action angélique, c’est une démarche d’accueil qui nous engage « pour la Gloire de Dieu et aussi pour le salut du monde ». 

L’Esprit d’adoration nous fait exalter l’infini de l’Amour dont Dieu nous entoure et reconnaître que l’humanité porte en elle plus grand qu’elle-même, même dans ses bassesses, même quand elle s’abêtit. 

Ministre de l’Eucharistie, François, tu l’es depuis le jour de ton ordination. Le prêtre puise dans ce sacrement la source de son ministère de communion et de réconciliation. Cet engagement à la suite du Christ, tu le vis dans une grande disponibilité à l’Esprit.  Notre vie, tu le sais, on ne la construit pas tout seul. Le chemin de l’existence se découvre au rythme des événements et à la grâce des rencontres.  Bien fou celui qui pourrait penser qu’il décide seul de son présent et de son devenir. 

Accepter que Dieu puisse avoir des projets sur nous, des rêves pour nous… c’est se donner la chance de s’épanouir… Heureusement que dans ma vie, j’ai été amené à obéir librement !  Sinon, ma vie n’aurait été « qu’ossements desséchés » ! Je sais, François, que tu peux te reconnaître dans mon témoignage et y poser ta signature. L’Esprit nous est donné pour discerner chaque jour les décisions que nous avons à prendre, des décisions d’êtres libres et non de feuilles d’automne virevoltant selon les courants d’air et se ramassant à la pelle,  des décisions qui nous font grandir et qui, en même temps, font grandir l’humanité, sans jamais nous contraindre à nous sacrifier, des décisions d’Amour prises dans l’Amour.

Laissons l’Esprit mettre de la chair à nos relations humaines, insuffler de nouveaux possibles dans nos communautés quand demain ne pourra jamais redevenir hier.

                  Père Félix CAILLET
                  Vicaire général


Pour retourner à l'article, cliquez ici.

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article