Mot prononcé aux obsèques du Père Marcel Brochier

Publié le par AS

Bien cher Père Marcel BROCHIER,
 
C’est au nom de tous les paroissiens de Notre Dame d’Espérance que je présente cet hommage.
 
Vous qui avez toujours été un modèle de simplicité, d’humilité, de discrétion, veuillez me pardonner de parler ainsi de vous mais impossible d’agir autrement.
 
Pour les catholiques de Gap qui ne vous ont pas ou peu connu, aujourd’hui, c’est l’enterrement d’un simple vieux prêtre de la ville. Par contre, pour les paroissiens qui vous ont côtoyé pendant de nombreuses années, dans cette cathédrale se dit un « au revoir » à un saint curé. Et quel curé !
 
Fondateur d’une paroisse et précurseur sur l’avenir de l’Eglise.
Dès le début, vous avez compris qu’il fallait partager la charge de l’animation paroissiale avec des laïcs,  en leur accordant : confiance, liberté d’action, autonomie, tout en ayant un regard, oh combien, attentif sur ce qui se pratiquait et c’est ainsi que rapidement s’est mis à œuvrer, avec vous, un grand nombre de paroissiens de toute condition, de tout âge. Chacun à sa place et tous égaux dans le mérite.
 
Comme le Curé responsable ne se comportait pas en maître, mais en serviteur, chacun, à son exemple, sans jalousie, sans recherche d’un quelconque pouvoir, se conduisait aussi en serviteur, pour le bien de tous.
 
Si vos collaborateurs étaient particulièrement heureux auprès de vous, les autres paroissiens l’étaient aussi.
 
Vous aviez un sens inné de l’accueil et comme vous possédiez une mémoire exceptionnelle, vous les connaissiez tous par le nom, le prénom puis le prénom des enfants.
 
Grâce à ce comportement, personne ne se sentait étranger ou anonyme, mais membre à part entière d’une famille paroissiale.
 
Par nature, vous étiez un homme soucieux, inquiet, vous aviez en permanence la préoccupation que chacun se trouve bien en venant participer aux offices. Aussi, souvent l’hiver, en période de grand froid, vous vous leviez au milieu de la nuit, pour vérifier si le chauffage automatique s’était bien enclenché, prenant soin que l’église serait bien chauffée pour la première messe matinale de 8 heures.
 
Des exemples comme celui-ci, ils sont trop nombreux pour tous les citer.
 
Oui, bien cher Père, que de bonheur partagé avec vous. Nous n’avons pas souvenance, ne serait-ce qu’une fois, vous avoir entendu émettre des exigences ou formuler des critiques publiques. Tout se passait dans la fraternité et l’estime réciproque.
 
Quand l’âge de la retraite est arrivé, suivi par de graves problèmes de santé, vous vous êtes installé dans une maison toute proche, rue Boisramé. Le lien avec de nombreux paroissiens n’a pas été coupé, non pas en intervenant sur la nouvelle vie paroissiale, mais en accueillant chaleureusement tous ceux qui vous rendaient visite.
 
Votre nouvel emploi du temps, rythmé par vos ennuis physiques, était la lecture et surtout la prière !
 
Dans le couloir, sur un pan de mur, se trouvaient beaucoup de photos : de parents, d’amis et, en grand nombre, des photos d’enfants, d’adolescents, de jeunes adultes trop tôt disparus.
 
 Les familles touchées par un deuil cruel venaient trouver un précieux réconfort auprès de vous. Elles vous remettaient une photo et vous confiaient leur être cher dans la prière. Jusqu’au bout, vous les avez portés dans la prière ; et tant que votre mémoire ne vous a pas fait défaut, tant que vos bras tremblotants ont pu soulever le calice, vous avez, assis dans un fauteuil, célébré la Saint Messe, à leurs intentions.
 
Quand l’invalidité, ajoutée à l’âge, est devenue trop pénible, vous êtes parti pour la maison de retraite des prêtres à Saint Camille puis pour celle du Saint Cœur.
 
Dans ce dernier lieu, à vos visiteurs, vous n’avez pas donné le témoignage d’une personne aigrie par l’extrême vieillissement et la déchéance physique, mais celui d’un homme simple, bon, se satisfaisant de son sort dans l’abandon.
 
Je rappelle vos propos :
« Ici, je suis bien, l’appartement confortable, j’ai du soleil, de la vue, on mange bien, le personnel est très serviable, la directrice gentille, mes confrères biens attentionnés et fraternels ».
 
Quel réconfort , à contre courant de ce qui se passe de nos jours, de rencontrer quelqu’un qui ne se plaignait pas et qui ne déversait que des compliments sur son environnement et son entourage.
 
Vous nous quittez, cher Curé, sans avoir pris conscience de tout le bien que vous avez apporté à une multitude de personnes durant votre longue et belle vie : de serviteur de Dieu, de l’Eglise et des hommes, mais cela n’a pas grande importance, car notre cœur se réjouit de ce que vous vivez maintenant dans les cieux.
 
Nous avons confiance dans ces paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ :

« Votre récompense sera grande dans les cieux »
 
Au revoir Marcel et merci pour tout.
 
                                                                                     Christian

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