Publication - Signes ostentatoires ou ostensibles ?

Publié le par AS

Article publié dans le Dauphiné libéré à l'occasion de Noël 2003

 

S’il y une fête religieuse où les signes ostentatoires ou ostensibles, à vous de choisir,sont visibles, c’est bien la célébration de Noël. Qui oserait prétendre le contraire ? Toussaint et jour des morts passés sans qu’on ne s’en aperçoive, bonjour Halloween ! Que déjà villes et villages se parent de guirlandes étincelantes. Que les magasins rivalisent d’imagination pour attirer le chaland. Que Marie et Joseph, sortis de nos églises, trouvent asile dans des lieux où tout signe religieux est d’ordinaire interdit. Laïcité oblige ! Tout cela se passe comme si Harry Potter était passé par là et d’un coup de baguette magique avait transformé les ténèbres profondes en un parterre de fleurs égayant les cieux les plus obscurs.  

 

Faut-il y avoir une arrogance triomphaliste de la part des chrétiens qui dans la nuit du 24 décembre célèbrent la naissance de Jésus ?

Pardon si cet humour grinçant dérange tel ou tel.

 

Si les signes qui entourent Noël sont ainsi, c’est que cette fête est devenue celle de tous. Croyants ou incroyants nous nous rejoignons. Que nous reconnaissions ou pas en Jésus-Christ le fils de Dieu, car telle est la foi des chrétiens ; qui va nier que l’homme Jésus est le Prince de la Paix, qu’il montre, à qui veut l’emprunter, le chemin de l’Amour, de la fraternité, de la justice ?

Durant quelques jours, les grandes orgues, religieuses ou laïques, interprètent  à l’unisson : «La mélodie du Bonheur ».

 

Et cependant, comment oublier celles et ceux qui cette nuit là, ressentiront encore plus intensément leur souffrance, physique, morale ou affective ? Certes, l’élan de générosité de ces heures festives nous rendra sans doute plus attentifs à ceux qui sont  si souvent exclus.

 

Mais après, lorsque bougies et étoiles ne scintilleront plus, notre cœur sera-t-il toujours  paré de ses habits de fêtes pour que Noël se prolonge chaque jour pour les laissés-pour-compte de notre société ?

C’est en tout cas mon vœu le plus cher.

 

       X Jean-Michel di FALCO LEANDRI

                                  Evêque de GAP

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