Intervention de Mgr di Falco sur l'Eglise et la communication

Publié le par AS

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s'est rendu à Rome, le 27 octobre 2005, à l'invitation de l'ambassade de France près le Saint-Siège, afin d'intervenir dans le cadre d'un colloque à l'occasion du 60ème anniversaire du Centre Saint-Louis de France, dont il a été directeur, de 1995 à 1997. Nous vous proposons, ci-dessous, le texte de son intervention sur l'Eglise et la communication.


Le Centre Saint-Louis de France, en plein coeur de la Ville éternelle

"Les médias, on ne peut en parler de façon globale. Chaque média a ses caractéristiques, son identité, c’est pourquoi j’aborderai ce sujet plutôt à partir de la télévision. Pour commencer, je pense que vous me permettrez de la faire avec une pointe d’humour, même s’il vous parait parfois un peu corrosif.
 
Si j’avais dû donner un titre à cette intervention, j’aurais choisi « SACREE TELE ! » avec un point d’exclamation. Vous comprendrez pourquoi dans ce qui suit.
 
En guise d’introduction, j’aimerais vous lire un court texte que la plupart d’entre-vous connaissent. Cependant, j’ai remplacé un mot, que je vous laisserai le soin de découvrir par le mot télévision. Voici ce que cela donne :
 
« La critique de la télévision est la critique de toute critique (…). La télévision, c’est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, le fondement général de sa consolation et de sa justification.
Elle est la réalisation fantastique de l’être humain, parce que l’être humain ne possède pas de réalité vraie.
La lutte contre la télévision est donc médiatement la lutte contre ce monde dont la télévision est l’arôme spirituel. La misère télévisuelle est tout à la fois l’expression de la misère elle-même et la protestation contre la misère réelle. La télévision est le soupir de la créature tourmentée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit de situations dépourvues d’esprit.
Elle est l’opium du peuple. »
 
Vous avez bien entendu tous reconnus ce texte. Il s’agit de l’introduction à "La critique de la philosophie du droit de HEGEL", de Karl MARX. J’ai remplacé le mot « religion » du texte original par le mot « télévision. »
Ce texte ne perd rien de sa cohérence ! Bien des critiques que MARX fait à la religion, tel que lui la voit, pourraient être reprises à propos de la télévision.
 
L’omniprésence de la télévision dans la vie quotidienne de beaucoup de gens, sa nature, son fonctionnement, la relation qui s’établit entre ceux qui la font et ceux qui la regardent peuvent expliquer le grand nombre de ceux qui vouent à la télévision un véritable culte.
Cette relation étrange et ambiguë se trouve renforcée quand, observant le fonctionnement de la télévision, on constate que celui-ci se rapproche par bien des aspects de celui d’une religion.
 
« Le téléviseur tabernacle », serait-il le véhicule d’une nouvelle religion ? « La religion télévision » serait-elle une rivale pour les religions traditionnelles ?
 
En tout cas, il faut admettre que désormais, ce n’est plus la religion qui structure la société, qui lui donne sa cohésion mais la télévision.


L'auditorium du Centre Saint-Louis, au cours du colloque
 
Je vais prendre quelques exemples pour illustrer mon propos, j’espère qu’ils vous feront sourire mais qu’en même temps ils vous montreront l’exceptionnelle responsabilité de la télévision dans notre société.
 
Pendant des siècles, la prière ponctuait la vie quotidienne de millions d’hommes et de femmes dans le monde. Tous nous connaissons le célèbre « Angélus de Millet ». Aujourd’hui, ce sont les rendez-vous télévisuels qui ponctuent notre vie quotidienne et tout particulièrement les journaux télévisés. Si on les désigne souvent comme « grand-messe de l’information » c’est donc qu’il y a un « grand prêtre » pour la célébrer : le présentateur. Et ce journal se déroule selon un rite bien défini, le conducteur, qui est l’équivalent de la « liturgie. »
 
Poursuivons la comparaison.
 
Comme les religions, la télévision se positionne comme un  « magistère » qui fonctionne comme tel pour les téléspectateurs. C’est Michel ROCARD, qui, il y a quelques années, avait déclaré à des élèves d’une école de journalistes : « Les médias sont le magistère de la vérité. » Il leur appartient donc de juger du bien et du mal et d’en fixer les normes. « Magistère », encore un mot emprunté au vocabulaire religieux.
 
La charité : comme les religions, la télévision a ses opérations caritatives.
 
Les canonisations : La télévision a aussi ses « saints », on les appelle les stars. Comme les gens pieux le font avec les saints, on s’adressera aux stars de la télévision pour intercéder en faveur de telle ou telle cause !
 
Etre placé sous le regard d’une caméra, être vu à la télévision, avoir pénétré dans « le saint des saints », lieu de légitimation suprême, est une « consécration ».
La télévision met en position d’être vu par le regard électronique, mais aussi par des millions d’yeux qui donnent à « l’élu » comme un surcroît d’existence, Celui-ci est considéré comme ayant un don d’ubiquité, qui le rend présent, au même moment, dans une multitude de lieux. Tant et si bien que si un jour on ne le voit plus à la télévision, on en conclut qu’il n’existe plus. Qu’il est mort !
 
La consécration : publicité avec affiche vue à la télé.
 
Le denier du culte : qui est l’équivalent de la redevance.
 
La confession : peut désigner toutes les émissions où l’on vient faire-part des difficultés ou problèmes rencontrés dans sa vie.
 
Excommunication : Tel ou tel omniprésent à l’écran peut se trouver du jour au lendemain totalement marginalisé, exclu !
 
En terminant cette énumération je ne peux m’empêcher de parler des « paraboles », encore un mot emprunté au vocabulaire religieux. Paraboles tournées vers les cieux !
 
J’arrête là les parallèles que l’on peut établir entre religion et télévision, je risquerais de vous lasser si ce n’est déjà fait !
 
Est-il déplacé de parler d’une aristocratie médiatique ? Dans certain cas même de dynastie, le fils ou la fille marchant dans les pas du père ou de la mère.
Si tel était le cas, le peuple devrait-il prendre la télévision comme il prit autrefois la Bastille ?
 
Une question reste cependant : d’où vient que la télévision joue un rôle quasi religieux dans notre société ? On ne peut qu’ébaucher des hypothèses : la perte de crédibilité du monde politique, la moindre influence des religions, le triomphe économique des lois du marché contribuent très largement à une dégradation de la cohésion sociale.


A droite, Vincent Aucante, actuel directeur du centre culturel
 
Voici comment DARWIN analysait à la fin du siècle dernier les processus du dérèglement social : « Le malaise politique a la même cause que le malaise social. Il tient à l’absence d’organes secondaires placés entre l’Etat et le reste de la société. »
 
Aujourd’hui, par la télévision, chaque haut responsable de l’Etat est un familier de chaque individu. Les corps intermédiaires sont dans l’incapacité de jouer leur rôle. (Ex. conflit Marseille)
 
On voit immédiatement les conséquences ecclésiologiques de ce constat. Je ne suis pas certain qu’au sein de l’église nous en prenions suffisamment conscience. Il y a bien peu de recherche sur ce sujet. Comment un  mauvais usage des nouveaux moyens de communication peut être destructeur du tissu social comme du tissu ecclésial ?
 
C’est un fait, les pulsations télévisuelles de la planète terre ponctuent la vie de six milliards d’humains. Parce que la télévision est la scène mondiale où doit être vu ce qui EST, être absent de cette scène c’est être considéré comme n’étant pas. Les chrétiens n’ont pas besoin des médias, de la télévision pour exister, mais ils en ont besoin pour être reconnu comme existant.
 
Deux citations qui décrivent bien cette situation.
La première de Simon NORA et Alain MINC « de la surabondance des signes qui s’accompagne de la pauvreté des sens. »
 
La seconde, d’une sociologue américaine : « Nous sommes submergés par un torrent de communication, et pourtant on entend partout les gens se plaindre d’un manque de communication (…) les citoyens regardent la télévision, lisent les journaux, écoutent la radio, mais s’ils écoutent, ils ont l’impression de ne pas être écoutés. »
 
La curiosité m’a poussé à aller consulter « le dictionnaire historique de la langue française » au mot «communiquer». Il est dit notamment que ce mot a été emprunté vers 1370 au latin communicare et qu’il signifiait alors : « avoir part, partager ». Puis, je suis allé voir le mot « communication » dont la définition est : « mise en commun, échange de propos ». Le mot communication a été introduit en français avec le sens général de « manière d’être ensemble » et envisagé dès l’ancien français comme un mode privilégié de « relations sociales.»
 
Il s’agit là du sens originel de ces mots et non celui qu’ils ont pris au cours des siècles et tout particulièrement avec l’essor qu’ils ont connu dans le domaine de la publicité et des médias.
 
Il est important de faire la distinction entre la communication et l’information. Il y a fréquemment confusion entre ces deux mots. Or, contrairement à ce que nous entendons dire communément, nous ne vivons pas dans une société de communication. Nous sommes dans une société de sur-information, pour ne pas dire de "matraquage" d’informations, alors que les citoyens sont entretenus dans l’illusion de vivre dans une société de communication.
 
Dans le passé, lorsqu’un citoyen se rendait sur l’aréopage ou la place publique pour s’informer sur la vie de la cité, il recevait ces informations en même temps que d’autres citoyens. Cela lui permettait de les commenter, de prendre du recul, d’entendre des points de vues divers et différents des siens.
Aujourd’hui, il ne va plus vers les autres mais se retire dans sa maison pour se retrouver seul devant son écran de télévision ou d’ordinateur. Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour exprimer leurs inquiétudes face au clonage humain, mais pour ce qui est de ce que j’appellerai « le clonage de la pensée », nous sommes devant un silence abyssal.
 
La dérive de la communication est née le jour où l’on a commencé à traiter l’information comme un produit commercial. Dans ce cas de figure, ce n’est pas l'information du citoyen qui est recherchée en priorité mais le profit avec toutes les dérives que cela entraîne.
 
Le Saint-Siège exprime ses préoccupations face aux techniques modernes de communication par l’intermédiaire du Conseil Pontifical pour les communications sociales. Je cite : «  L’une des (préoccupations) les plus importantes (…) se réfère à ce que l’on appelle aujourd’hui le « fossé numérique », une forme de discrimination qui divise les riches des pauvres sur la base de l’accès, ou du manque d’accès, aux nouvelles technologies de l’information.
 
Les individus, les groupes et les nations doivent avoir accès aux nouvelles technologies afin de prendre part au bénéfice promis par le développement pour ne pas rester encore plus en arrière. Il est impératif, je cite maintenant le Pape Jean-Paul II, « Il est impératif que le gouffre qui éloigne les bénéficiaires des nouveaux moyens d’information et d’expression de ceux qui n’y ont pas encore accès ne devienne pas une cause insurmontable d’injustice et de discrimination ».
 
La question est toujours là, peut-on COMMUNIQUER LA FOI DANS LES MEDIAS ?
 
Je dirai d’abord, et cela va de soi me semble-t-il, qu’avant de parler de communication, il s’agit de répondre à deux questions préalables :
 
·        Pourquoi veut-on communiquer ? Dans quels buts ? Que recherchons-nous ?
·        Et la seconde question : Que voulons nous communiquer ? Qui voulons nous communiquer ?
 
L’Eglise est communication, n’est ce pas sa vocation ? Tout acte de communication qui ne conduit pas à la communion est le signe de la perversion de la communication.
 
Cette communication peut passer par de nombreux moyens et pas seulement par la parole. L’Eglise communique davantage par ce qu'elle montre d’elle-même que par ce qu’elle dit !
C’est le témoignage que donne une communauté vivante nourrie de l’Eucharistie et animée par l’Esprit. C’est l’attitude de chaque chrétien dans le quotidien de sa vie. Ce n’est que lorsque cela se réalise que l’on peut parler de communication au sens noble du terme.
 
Les moyens que nous mettons en œuvre doivent indiquer le chemin qui conduit au Christ. Pour le montrer à ceux qui l’ignorent, il est nécessaire que les chrétiens aient déjà parcouru quelques pas sur ce chemin !
 
Le premier média de Dieu c’est chaque chrétien !
 
Pour permettre une bonne communication, il est nécessaire de constituer une sorte de maillage à tous les niveaux. Celui de la paroisse qui fait remonter l’information aux responsables diocésains, au niveau diocésain qui fait remonter au niveau régional et ce qui serait l’idéal, que le niveau régional fasse remonter jusqu’aux services nationaux. C’est ainsi que se constitue le tissu ecclésial. Mais une authentique communication doit être interactive. C’est à dire que ce que je viens d’indiquer partant de la base vers le sommet doit aussi fonctionner dans l’autre sens, du sommet vers la base. « Base, sommet, » ces mots peuvent déplaire, je le sais. Je les emploie pour illustrer mon propos.
 
Le risque des moyens modernes de communication est la centralisation. C’est pourquoi le moindre petit bulletin d’information a autant d’importance qu’un journal régional. C’est un peu comme dans le corps humain. Pour être en bonne santé, il est nécessaire que les petits vaisseaux, les veines et les artères soient irrigués par le sang. (La montre).
 
Quelle place pour l’information religieuse ?
 
Elle devient une véritable « peau de chagrin » mis à part lors de grands événements comme nous l’avons vu pour la mort du Pape Jean-Paul II et l’élection du Pape Benoît XVI.
Les chrétiens ne réclament pas un régime spécial mais ils veulent tout simplement être reconnus comme des citoyens à part entière, représentant une composante non négligeable de la société française et, au nom même d’une laïcité intelligente et ouverte, avoir droit à la parole dans les médias au même titre que d’autres.
 
Sans doute est-il nécessaire de s’entendre sur le sens que nous donnons au mot « communication ». La vocation du chrétien est de communiquer. Non comme un choix possible, mais parce que, je l’ai dit,  communiquer est l’essence même de l’Eglise.
L’Eglise ne peut être tournée vers elle-même, mais vers les autres : vers ceux que chaque chrétien côtoie tous les jours. Une Eglise «forteresse» toujours sur la défensive serait infidèle au Christ. Le pape Jean-Paul II parlait de maison de verre. Prendre le risque d’une présence dans les médias c’est connaître les règles de la communication moderne qui suppose des compromis et qui suppose aussi que l’on sache est admette que l’Eglise sera traitée comme n’importe quelle autre institution.
Saint Pierre dit : « chacun d’entre vous doit être en mesure de communiquer l’Espérance qui est en lui, mais il le fera avec douceur et respect ».
 
La première évangélisation se vit et se fait dans et par la communauté. Une communauté qui n’évangélise pas, une communauté qui est sourde aux appels du Christ, est une communauté stérile, pour ne pas dire morte !
Dieu ne cesse de s’adresser à son peuple, d’appeler des jeunes et des moins jeunes au sacerdoce, à la vie religieuse. Comment expliquer que les communautés chrétiennes ne parviennent pas toujours à être le creuset dans lequel vont naître et grandir ces vocations ? Silence de Dieu ou surdité des hommes ?
Chaque chrétien est un média de Dieu. Chaque communauté est un média de Dieu !
 
C’est d’abord en faisant découvrir aux chrétiens ce que doit être la communication au sein même de leur communauté, et plus largement au sein de la communauté ecclésiale, qu’ils seront encouragés à affronter généreusement le défi de l’évangélisation par les médias.
La qualité de la communication externe est intrinsèquement liée à la qualité de la communication interne et donc au rayonnement de la communion de la communauté. On ne peut être un témoin authentique que de ce que l’on vit.
 
La question de l’évangélisation par les médias vient en second lieu.
 
Quand Saint Paul arrive à Athènes, vers l’an 51, c’est pour annoncer à toute la ville le Christ ressuscité : il va directement parler à l’aréopage qui est le lieu où tout le monde passe pour s’informer. L’aréopage aujourd’hui, la place publique des temps modernes, c’est la télévision, Internet. Là aussi doit retentir la Parole de vie.
 
La présence de chrétiens dans l’univers des médias non confessionnels ne dépend pas uniquement de leur volonté. C’est plus dans les sollicitations qui leur sont adressées qu’ils peuvent répondre ou non. On peut le déplorer, mais c’est ainsi.
 
Comment se préparer ? Que demande-t-on à un missionnaire qui doit se rendre sur une terre inconnue ? Il devra se familiariser avec la culture du pays où il ira vivre et apprendre la langue que l’on y parle. Les médias sont comme un nouveau continent à évangéliser…
Pour se préparer à être un bon communicateur, le chrétien doit être, en quelque sorte, un médiateur entre la Parole et le monde dans lequel il vit. « La Bible dans une main, le journal dans l’autre ». Connaître la Parole et connaître le monde, aimer la Parole et aimer le monde. Ce sont les conditions sine qua non ! La prière est indispensable. En n’oubliant jamais que l’on n’est pas seul, et en se laissant habiter par l’humilité qui dicta ces paroles à Saint Bernadette : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire ».
 
Dans une émission de télévision, sur les ondes d'une radio, l’essentiel est d’être ce que l’on est. On ne peut pas tricher ! Il importe de ne pas se situer en donneur de leçons. Il s’agit de partir de là où en sont les interlocuteurs, et si l’on souhaite les conduire plus loin, marcher à leur pas. L’Eglise est à la fois faible et forte. Elle est faible des faiblesses des hommes qui l’incarnent en ce siècle, elle est forte de l’Esprit qui l’anime. Nous n’avons pas à nier cette réalité. Entre le petit David et le Grand Goliath, ce sera toujours le petit David qui attirera la sympathie. C’est lui qui est sorti vainqueur de la lutte.
 
Le témoignage sera admis si le chrétien ne cache pas sa foi, et s’il témoigne sans arrogance : sans vouloir imposer quoi que ce soit autour de lui. Il s’attirera peut-être des sarcasmes, mais il le sait d’avance puisque le Christ l’en avertit dans l’Evangile ; et si cela arrive, ce sera la preuve que le chrétien est encore crédible. L’accusera-t-on d’intolérance parce qu’il vit de sa Foi, et qu’il en témoigne ? Cette accusation-là serait un non-sens ! L’intolérance ne consiste pas à témoigner de ses propres choix, mais à prétendre les imposer aux autres. Si l’on devait se mettre à considérer comme « intolérance » le simple fait d’émettre un désaccord, alors notre société installerait l’intolérance au nom de la tolérance, ce qui serait un paradoxe.
 
Si le monde médiatique se comporte comme un magistère, s’il édicte les normes du bien et du mal, c’est lui qui devient intolérant : d’autant plus qu’il se substitue à tous les autres magistères.
 
L’Eglise doit-elle posséder ses propres médias ? Des journaux diocésains, des radios, des sites Internet, aujourd’hui une télévision…. Je n’aurai pas la prétention de trancher dans un tel débat, puisque débat il y a. Mais je ne vous surprendrai pas en vous disant que, pour moi, dans le paysage actuel, la réponse est oui ! Pardon de me citer moi-même. J’ai écrit il y a plus d’une dizaine d’années que les cathédrales du 21e siècle seraient médiatiques… Je persiste et je signe. Il est tout aussi important aujourd’hui de créer un média, tel qu’une radio ou une chaîne de télévision, que de construire une Eglise. Il ne s’agit pas de relever un défi, mais d’accomplir un devoir.
 
La communication ne va cependant pas régler tous les problèmes. La place qu’elle occupe dans notre société contraint l’Eglise à en tenir compte et à voir comment elle peut mieux témoigner de Jésus-Christ.
La communication permanente n’est pas la panacée. Pour l’Eglise, il ne s’agit pas seulement de donner des informations, mais aussi de répondre à la mission qui est la sienne, être témoin de la « bonne nouvelle » de l’Évangile, dans une société où l’on parle surtout des mauvaises nouvelles."
 
 
                   + Jean-Michel di FALCO LEANDRI
                      Évêque de Gap

 
Tombe du Pape Jean-Paul II sur laquelle Mgr di Falco est allé prier à l'occasion
de son séjour à Rome, confiant plus particulièrement le diocèse de Gap et le pèlerinage synodal

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